Minutage

Images

Voix off

Bande-son

Écrits

0’00

Noir

[Voix de femme :]

« il disait que la fidélité

si grande soit-elle

est sans effet sur la marche du temps

qu’elle n’est susceptible de rien ressusciter

The Sea (Ketil Bjornstad, 1995)

 pour 

Anne-Marie

                      Miéville           [vert] /

et pour

     moi

 même          [bleu] /

0’11

Noir

ni personne

et que néanmoins

il n’est pas d’autre solution

Id.

gaumont

periphéria

présentent  [ocre]

0’15

Photographie de Robert le Vigan (en 1946) en alternance très rapide avec une photographie de Simone Signoret (avec une cigarette) puis arrêt sur elle

que la fidélité »

[ces propos sont ceux d’Arcole, le jeune résistant de Compagnons secrets, P. Beuchot, 1996, d’après le roman de Daniel Anselme]

[JLG cite un propos de Léon Bloy :] « l’homme »

[écho et répétition]

Id.

l’amour /

des

histoires

           [sur les photographies]

0’43

Noir

[Suite de l’écho :]

« l’homme »

Id.

histoire

 du   (s)

cinéma

[en blanc]    [s’efface avec l’iris]

toutes

les

histoire

        (s)                 [en jaune]

0’56

Adam cache son visage dans ses mains pendant qu’Eve fait entendre sa plainte, Adam et Eve chassés du paradis (Masaccio, vers 1426)

[Id. écho et répétition :]

« a dans son pauvre cœur

des endroits qui n’existent pas encore

 

Id.

1’03

Noir / Un prisonnier au premier plan tenu par deux soldats casqués devant un prêtre et sa croix, Von Balk, le Grand Maître des Teutons donne l’ordre du massacre des prisonniers de Pskov, la troupe casquée s’avance, les prisonniers à genoux sont massacrés, dernier plan : un vieil homme se balance au bout d’une corde, Alexandre Nevski (Eisenstein, 1938) / noir

[Id. :] « et où la douleur entre

afin qu’ils soient »

Alexandre Nevski, Prokofiev, 1937 : le massacre se fait au son des trompes des Teutons qu’on ne voit pas dans le montage de JLG. La bande-son en russe est conservée sans sous-titre, mais JLG la recompose et déplace l’ordre du Teuton sur l’image du vieil homme pendu du dernier plan :

« Effacer de la surface de la terre »

une

histoire

seule                     [en rouge]

histoire

 du   (s)

cinéma       [en gris ; sur noir] /

1’31

A gauche (partie éclairée), une femme avec une bougie descend un escalier, Deux mains dans la nuit (The Spiral Staircase, Siodmak, 1946) surimpression : l’enfant (à droite) et les femmes les bras en l’air, photographie  de la liquidation du Ghetto de Varsovie

[L’Ordre du discours, Foucault, 1971 :]

« et je comprends mieux

pourquoi j’éprouvais tant de difficulté

à commencer tout à l’heure

je sais bien maintenant

quelle est la voix dont j’aurais voulu

qu’elle me précède

qu’elle me porte

qu’elle m’invite à parler

et qu’elle se loge dans mon propre discours

je sais ce qu’il y avait de si redoutable

à prendre la parole

puisque je la prenais en ce lieu

d’où je l’ai écouté

Bjornstad, id.

histoire

 du   (s)

cinéma       [en gris ; sur plan] /

seul

  le

cinéma

            [sur la photo du Ghetto]

2’00

Noir

et où il n’est plus, lui

Id.

histoire

 du   (s)

cinéma

                        [en blanc] [iris]

seul

le

cinéma

    [en bleu, superposés]

2’01

Paysage de brumes, des cavaliers au second plan, Les Nibelungen (Lang, 1924) en alternance rapide avec une photo de Fassbinder

pour  m’entendre

Id.

seul

2’10

Photographie des yeux d’Antonioni

[JLG dit ces vers de Jules Laforgue dans « Simple agonie »  (1886), Derniers vers :]

«  oh ! que

devinant l’instant

silence

seul

2’17

Masque d’aigle sur un homme dont on voit les mains au bas du cadre, Judex (Franju, 1964)

le plus seul de la nature

ma mélodie, toute et unique,

 

seul

2’25

Noir

monte, dans le soir et redouble,

 

histoire

 du   (s)

cinéma

[en surimpression et clignotement en blanc et en rouge]

2’28

Ombre de Nosferatu en surimpression et iris avec un homme et une femme qui rient au cinéma  puis une foule riant, La Foule (Vidor, 1928) / noir / puis dernier plan « the end » avec le logo de la MGM (Murnau, 1922) et iris avec l’ombre de Nosferatu

et fasse tout ce qu’elle peut

et dise la chose qu’est la chose,

et retombe, et reprenne,

et fasse de la peine

ô, solo de sanglots,

et reprenne et retombe

selon la tâche qui lui incombe »

 

     l’ennemi /

   l’ennemi

public

[Wellman, 1931] /

              le

public /

2’55

Noir

   

[en surimpression :]

seul

le

cinéma         [en rouge]

[et :]

histoire

 du   (s)

cinéma         [en blanc :]

2’59

Contraste, on passe du noir et blanc à la scène musicale colorée d’Un jour à New York (Donen, 1949) avec la danse de G. Kelly et B. Garrett

 

Aux premiers accords au piano d’un des Préludes (1926) se mêle la musique d’Un américain à Paris (1928.) La superposition de deux musiques de Gershwin par sa dissonance éloigne l’image de divertissement.

 

3’10

Photographie en noir et blanc de James Finlayson, œil à demi fermé et épaisse moustache tombante, clignotement d’une lumière

     

3’12

Scène d’Un américain à Paris (Minnelli, 1951), le « rêve-ballet » final : en plongée Leslie Caron, rêvée par Gene Kelly  au pied d’une fontaine de la place de la Concorde imaginaire de Minnelli, Gene Kelly tentant de la rejoindre / noir / idem /noir / Kelly devant les apparitions et fondu vers une apparence de forêt

 

Gershwin, musique d’Un américain à Paris

seul

le

cinema

[« cinéma » progressivement noirs 1 et 2]

3’36

Dans un cadre, Marianne Renoir/Karina avec les ciseaux au premier plan, iris, puis ralenti et arrêt sur image, Pierrot le fou (JLG, 1965)

 

Id., puis silence

do

mi

[sur la gauche du cadre]

3’50

Femme nue sur un homme, L’Empire des sens (Oshima, 1976) clignotement et iris avec gros plan homme, Journal d’un curé de campagne (Bresson, 1951)

 

The Sea

fa

[progressivement]

fatale

fatale beauté

4’00

Le vampire à la fenêtre et une femme à sa fenêtre dans Nosferatu (Murnau, 1922) / couple en contre-jour avec paysage, Cœur fidèle (Epstein, 1923) / noir

 

Id.

le cinéma  [sur noir]/

[sur plan Epstein :]

à qui il

appar

tenait,

lui /

à

  toi /

é

  moi /

toi

toi /

toi

                          histoire    [sur noir]

4’29

Visage d’Anne Wiazemsky, Vent d’Est (JLG, 1969) en surimpression puis fondu enchaîné avec femme criant dans Naissance d’une nation (Griffith, 1915) en surimpression puis fondu enchaîné homme et femme, Die Ehe der Louise Rohrbach (Rudolph Biebrach, 1916) en surimpression et fondu enchaîné avec un homme agressant une femme (lui mettant violemment la main sur la bouche), The Regeneration (Raoul Walsh, 1915), surimpression et fondu enchaîné femme mourante, La Femme de sable (Hiroshi Tehigahara, 1963) / fondu enchaîné, une autre femme (enlace-t-elle quelqu’un ?), La Fièvre dans le sang (Kazan, 1961)

[Sur le dernier plan de la série :]

« parfois j’entends des hommes raconter

Id.

toi

histoire

[sur Kazan]

4’59

Depardieu devant une femme nue (sur un balcon) derrière le voile blanc du rideau, Hélas pour moi (JLG, 1993)

le plaisir

qu’ils

   

5’03

Von Stroheim en uniforme devant une petite fille au lit, Folies de femmes (Von Stroheim, 1921)

ont pris

Id.

 

5’06

Séquence du miroir : Welles tenant Rita dans ses bras, La Dame de Shanghai (Welles, 1948)

[silence]

Id.

 

5’10

Alternance entre la danse de Bardot dans Et Dieu créa la femme (Vadim, 1956) et une femme à terre dans Forfaiture (De Mille, 1915)

avec celle-ci ou celle-là

ô, ce n’est pas

   

5’14

Un plan en noir et blanc d’un homme sur un corps de femme qui ressemble à une poupée cassée ou désarticulée : Lady Paname (Henri Jeanson, 1951) / Surimpression de deux images de films pornographiques où les seins de l’une sont en surimpression avec les fesses de l’autre

la grossièreté

les mots parfois vraiment précis

non

mais je ne sais pas

j’ai envie de leur dire

voyons, voyons

c’était autre chose

autre chose

Silence / reprise  de la musique id.

histoire

 du   (s)

cinéma

[blanc]

do

mi [jaune]

fa      tale

[progressivement]

5’30

Photographie de Romy Schneider, fondu enchaîné photographie de Mary Pickford, fondu enchaîné, une photographie de Marilyn Monroe

[à la fin :]

il n’y a pas de mots pour cela

cela ne s’inscrit pas dans les phrases

Id. musique

de

l’autre

cinéma

5’59

Couple, image coupée sur la droite par une ligne verte, Le Rayon vert (Rohmer, 1986)

ou plutôt

si je commence une phrase

croyant avoir là

sur le bout de la langue

   

6’06

Femme avec un doigt dans la bouche, Pépé le Moko (Duvivier, 1937) en alternance avec un tableau

le tableau, le moment, la couleur, la robe tombée

   

6’15

Autre plan film id.  avec un homme s’approchant du visage d’une femme derrière un voile blanc / noir

cette clarté sur le corps de la femme

un ruban d’épaule qui glisse

et ce sentiment de peur

mêlée à la hâte chez elle, ses bras

 

de

    l’absolu

6’20

Photographie de Keaton (l’air si triste) et plan dans Sherlock junior (Keaton, 1924) fermeture de l’iris

la tête perdue

le désordre qui se met dans la mémoire

je n’ai pas vraiment oublié

 

de

    l’absolu /

du

   cinéma

6’29

Noir

mais cela s’en va

 

du cinéma

6’31

Maison dans la nuit, Hélas pour moi (JLG, 1993) / noir

si je force le souvenir

tout d’un coup je comprends ce qui m’arrive

j’imagine

voilà

je ne me souviens plus

j’imagine

Reprise musique : Choral pour orgue, BWV 721 (« Aie pitié de moi Seigneur »)

cf. 1b, 38’36 ; 2b ; 20’40 ; 3a, 0’17

fatale [progressivement]

beauté –fa

beauté

tale

6’44

Noir

[Hélas pour moi: ]

« alors, maintenant

c’est le jour, je pense

Id.

 

7’01

Long panoramique sur un appartement, Rachel apparaît et le mouvement continu (avec voix de Depardieu)

vous êtes sourde, Rachel, cruelle

mais j’ai ce que je voulais

vous n’avez rien du tout

pour aimer il faut un corps

sans Simon

vous n’existez pas

on n’entre pas comme ça chez les autres

Bruit du tonnerre qui gronde au loin

histoire

 du   (s)

cinéma

7’24

Noir / Femme qui court (arrêt sur image), Comme un torrent (Minnelli, 1958) /

Noir / visage de femme dans Faust (Murnau, 1926) / gros plan sur Nana (en train de mourir ?) (Renoir, 1926) / noir / plan fixe de femme dans Vampyr (Dreyer) / noir / photographie Dietreich / noir / femme très angoissante dans Feminina ou La Princesse Barbara, (Genina, 1919) / noir / femme nue éclairée comme une peinture, Hélas pour moi (JLG, 1993), même plan plus rapproché avec des étincelles sur la droite / noir sur le plan d’une mer dorée (au soleil couchant) et une main qui semble caresser quelque chose

 ce n’est pas exact

voilà ce qui est exact

en 1932 le hollandais Jan Ort étudie les étoiles

qui s’écartent de la voix lactée

bientôt, comme prévu, la gravité les attire en arrière

en étudiant les positions

et la vitesse de ces étoiles rapatriées

Ort a pu calculer la masse de notre galaxie

quelle fut sa surprise

en découvrant que la matière visible ne représentait que

cinquante pour cent de la masse nécessaire au déploiement

d’une telle force de gravité

où était donc passé l’autre moitié de l’univers

la matière fantôme était née

omniprésente

Reprise the Sea (Bornstadt, 1995) / bruit de tonnerre sur les deux derniers plans

de

      l’absolu /

du

   cinéma

[sur le dernier plan]

8’22

 

mais invisible

[simultanément]

« n’entre pas ici sans violence

dans cette bonne nuit »

Id.

histoire

 du   (s)

cinéma

[iris]

la monnaie

de l’absolu

[en vert, lettres décalées et surimpression]

8’28

Noir / scène de résistance des partisans (après l’assassinat de Pina/Anna Magnani) : les hommes libérés du camion, au ralenti dans Rome, ville ouverte (Rossellini, 1945) / noir / homme torturé, toujours Rome, ville ouverte

[Malraux au Panthéon pour le transfert des cendres de Jean Moulin,

le 19 décembre 1964 :]

« c’est le temps où dans la campagne

nous interrogeons les aboiements des chiens

au fond de la nuit

le temps où les parachutes multicolores

chargés d’armes et de cigarettes

tombent du ciel dans la lueur des feux

des clairières ou des causses

c’est le temps des caves, de ces cris désespérés

que poussent les torturés avec des voix d’enfants

la grande lutte des ténèbres a commencé

Id. . + gémissements d’un homme

la

réponse

des

ténèbres

[sur noir, lettres grises décalées]

9’02

Homme / cadavre qui semble entrer quelque part dans Le Fantôme de l’opéra (Rupert Julian, 1925) en surimpression et fondu enchaîné avec une image de cave, photographie de prison à Lyon

entre ici Jean Moulin

avec ton terrible cortège

avec ceux qui sont morts dans les caves

sans avoir parlé comme toi

et même ce qui est peut-être

plus atroce en ayant parlé »

Id.

histoire

 du   (s)

cinéma

[en blanc iris]

   la

monnaie

   de

l’absolu

[en rouge, lettres décalées superposées]

9’23

Plan eau et ciel en noir et blanc, image charbonneuse, impression de fin du monde, Nosferatu, eine Symphonie des Grauens (Murnau, 1922) puis, surimpression et iris avec un homme dans la brume sur une montagne semblant appeler dans Jour de colère, (Dreyer, 1943) / au centre de l’image même plan de Jour de colère et, série de visages d’hommes morts ou semblant l’être

 

Id.

dies

irae

[Jour de colère, Dreyer, 1943]

9’59

Noir / Un aigle rouge de théâtre ou de spectacle / Couple au projecteur de La Prison, en iris, apparition furtive et interrompue de l’image de la statue qui vient juste après : sculpture antique (4e siècle avant Jésus-Christ)

[La Joie, Bernanos, 1929 :]

 « en un sens voyez-vous

la peur est tout de même la fille de Dieu

rachetée la nuit du Vendredi saint

elle n’est pas belle à voir

non

tantôt raillée

tantôt maudite

renoncée par tous

et cependant ne vous y trompez pas

elle est au chevet de chaque agonie

elle intercède pour l’homme »

György Kurtág, Ligature-Message to Frences-Marie,op. 31/b, 1989 (très lent et très grave) Le sous-titre de l’œuvre : « The Answered-Unanswered Question »

histoire

 du   (s)

cinéma

   la

monnaie

   de

l’absolu

[en blanc, lettres décalées superposées]

10’29

Id. en plan plus rapproché, couple de La Prison / très jeune femme inquiétante au premier plan et homme souriant au second en surimpression , il n’est pas toujours à l’image : clignotement, reste finalement une main au-dessus d’une toile d’araignée, La Marque du vampire (Browning, 1935)

[Beckett,  L’Image :]

« et maintenant

cette nuit

lever à la nuit

chaque nuit

faible lumière dans la chambre

d’où

mystère

nul de la fenêtre

non

presque nul

ça n’existe pas

nul

[la voix est de plus en plus fantomatique, il semble ne plus pouvoir parler, respiration et râles du mourant :]

Id. puis silence puis reprise de The Sea

[une voix de jeune femme intervient disant :] «  sur les genoux avec les mains  parce que je ne pouvais pas marcher, heu… j’avais les tendons heu… coupés »

tu

n’as rien vu /

à hiroshima

[Hiroshima mon amour, Resnais, 1952] /

à lenigrad /

histoire

 du   (s)

cinéma /

à madagasoa /

à dresde /

à hanoi /

à sarajevo /

histoire

 du   (s)

cinéma /

11’23

Noir

   

une

vague

nouvell [en bleu, sans le « e »]

11’30

Enfants jouant sur la plage, L’Enfant secret (Garrel, 1979) / noir / femmes avec un enfant travaillant à la confection des tapis, Sayat Nova/Couleur de la grenade ( Paradjanov, 1969) / noir / très beau plan en plongée avec un mouvement de caméra dans Terre sans pain (Buñuel, 1932) / noir / Blanche se levant de son lit paniquée, Un Tramway nommé Désire (Kazan, 1951)

[Sabine Azéma, voix lointaine avec écho disant le texte de JLG, article paru dans les Cahiers du cinéma, octobre 1965 : ]

« toujours vierge comme un négatif

qu’il s’appelle Ilford, Kodak ou Fuji

toujours d’une seule pièce aussi

et qu’il suffit de souffler fort dessus

pour la tendre quel que soit le nom du souffleur

Hitchcock, Langlois, Vigo

oui

enchaînons

montage attractif des idées sans points de suspension

nous ne sommes pas dans un roman policier ni de Céline

celui-là laissons-lui la littérature

il a bien mérité de souffrir

et de rempiler bouquin après bouquin

dans les régiments du langage

nous avec le cinéma

c’est autre chose

et d’abord la vie

ce qui n’est pas nouveau mais difficile de parler

on ne peut guère que la vivre et la mourir

mais la parler

hé bien, il y a les livres

oui

mais le cinéma nous n’avons pas de livres

 

l’enfant

  secret

[sur noir]

finis

terrae

[Epstein, 1928] [sur noir 2]

les

  yeux

  verts

[Duras, 1980] [sur noir 3]

12’09

Noir / Le Mystère Picasso (Clouzot, 1956) : un gros plan de Picasso en noir et blanc, dans l’ombre et une alternance très brève qui permet d’aperccevoir, comme par effraction, la Danaé de Rejbkmbrandt (1636-1647)/ noir / femme tirant un homme par les bras, Les Damnés de l’océan (The Docks of New York, Sternberg, 1928) / noir / une très belle libellule sur une feuille floue au ralenti

nous n’avons que la musique et la peinture

et ceux-là aussi, vous le savez bien

se vivent mais ne se parlent pas tellement

alors le cinéma

vous comprenez peut-être un peu maintenant

pourquoi

quoi en dire

parce que la vie c’est le sujet avec le scope

et la couleur comme attributs

si on a les idées larges

la vie

je devrais dire un début de vie

un peu comme l’histoire des parallèles d’Euclide

c’est un début de géométrie

il y a eu d’autres vies

Id. .

mon

cher

sujet

[Miéville, 1988] [sur noir] /

histoire

 du   (s)

cinéma

[iris]

une

vague

nouvelle

[sur bleu, superposés] [sur noir 2]

le silence

[Bergman, 1963]

12’40

Noir / femmes dans la rue, la nuit, La Page cachée (Sokourov, 1993) / noir

et il y en aura

il suffit de penser au lys qui se brise

aux lions qu’on chasse avec des arcs

au silence d’un hôtel dans le nord de la Suède

mais la vie des autres déconcerte toujours

à plus forte raison

donc la vie toute seule

que j’aurais bien voulu monter en épingle

pour faire admirer

ou réduire à ses éléments fondamentaux

pour intéresser les élèves

 

la

page

cachée

[Sokourov, 1993]

et

la vie

continue

[Kiarostami, 1992] [sur noir]

12’55

Femme pleurant sur le balcon, King Lear (JLG, 1987) en alternance clignotement très rapide avec une photographie de femme / noir / Les esquimaux dans la neige, Nanouk, (Flaherty, 1922)

les habitants de la terre en général

et les spectateurs de films en particulier

bref, la vie toute seule

que j’aurais bien voulu retenir prisonnière

grâce à des panoramiques sur la nature

des plans fixes sur la mort

des images courtes et longues

des sons forts et faibles

des acteurs et des actrices libres ou esclaves

que sais-je

mais la vie se débat

pire que le poison de Nanouk

nous file entre les doigts

The Sea

contes

de la

lune va

[Mizoguchi, 1953] [sur noir, manque « gue »]

13’16

Noir / Monica Vitti, Le Désert rouge (Antonioni, 1964) / une sorte de caméra archaïque qui pivote au ralenti vers nous et nous vise, en fait c’est plutôt un canon ; à la fin du plan s’inscrit : « eyes and ears of the wold », l’écrit monte tout en haut du cadre et apparaît « the end » / noir

comme les souvenirs de Monica Vitti

dans Le Désert rouge de la banlieue de Milan

tout s’éclipse

et là j’en profite pour vous dire comme par hasard

le seul grand problème du cinéma

me semble être

où et pourquoi commencer un plan

et où et pourquoi le finir

Id.

une

vague

                    nouvell [sic] [rouge]

montage

mon

     beau

     souci /

[blanc, lettres décalées superposées ]

histoire

 du   (s)

cinéma

[iris blanc] /

le

contrôle

de

l’univers

[lettres décalées, en  rouge, superposées]

[sur noir]

13’37

Stroheim en prince d’Autriche-Hongrie, puis un plan d’autres hommes en uniforme, La Symphonie nuptiale et mariage de prince (The Wedding March, Stroheim, 1928) / quatre plans (avec un noir) la fausse Maria sur un bûcher criant dans les flammes, Metropolis (Lang 1927) / raccord sur un homme faisant le salut hitlérien / noir  / flamme au fond de la nuit

[Fugue de la mort, 1945 :] voix de Celan,

« der schreibt wenn es dunkelt nach

Deutdschland

dein goldenes Haar Margarete

er schreibt es und tritt vor das Haus und es blitzen die Sterne

er pfeift seine Rüden herbei

er pfeift seine Juden hervor

laßt schaulfen ein grab in der Erde

er befiehlt uns spielt auf nun zum Tanz »

[« il écrit quand il va faire noir en Allemagne,

tes cheveux d’or, Margarete,

il écrit et avance sur le seuil

et les étoiles tressaillent,

il siffle ses grands chiens

et fait sortir ses juifs

et creuser dans la terre, une tombe,

il nous commande, jouez maintenant pour qu’on danse »]

 

la

solution

finale

[endlösung]

[juste après le nom de « margarete » sur noir

14’00

Le cadavre d’un homme sur un brancard de fortune dans les camps, l’image en couleurs a été filmée par G. Stevens / noir / derrière l’homme mort qu’on voyait sur le brancard, on aperçoit des déportés debout / noir / les corps entassés dans un wagon du convoi Buchenwald-Dachau / noir / plan plus rapproché sur un seul visage parmi les morts du plan précédent /

[D- Day to Berlin (George Stevens, 1994)]

noir / d’autres corps morts alignés au sol / noir

[Blanchot, à propos d’Antelme, L’Entretien infini ? ] 

« quand on sait de quelle quantité de morts

et non de morts symboliques ou mimées

mais de morts réelles

se paie l’avènement d’une seule vie

on ne se soucie plus d’un quelconque sens… »

 

pour

la

patrie

[sur le noir qui succède au gros plan

sur  un visage du convoi ]

14’10

Plusieurs plans de guerre urbaine avec civils : iris, un canon au coin d’une rue / des hommes creusant une tranchée / une femme tirant une poussette au milieu des bombardements / noir / plongée sur des gens qui courent dans la rue / noir / lueurs d’une batterie antiaérienne / un tank tirant dans une rue enneigée / batterie antiaérienne / noir / des femmes, une jeune femme au centre, qui portent l’étoile jaune / des corps allongés dans les camps / noir / Hitler  tapotant et caressant la joue d’un adolescent / des femmes à l’étoile jaune, mains en l’air sous l’œil de soldats

« seulement la vie remplie d’elle-même

jusqu’à un stade d’explosion

qui donne son seul sens à cette vie

irréductible à tout sens

c’est en vivant la combinaison

de toutes les forces du corps

que la vie cesse de se questionner elle-même

et s’admet comme pure réponse

événement qui n’a même plus besoin

de proclamer son assentiment à elle-même

pour être le plus grand des assentiments

rien qui ne puisse venir à bout de ce rapport

du corps au monde… »

Bombardements avec bribes de musique contemporaine

nous

devons /

être prêts /

à

verser /

pas

seulement  [letttres superposées] /

notre

sang /

mais

aussi /

celui

des

autres [letttres superposées] /

[sur les noirs successifs]

histoire

 du   (s)

cinéma [« toi » est mis en relief]

14’46

Photographie de Chaplin / surimpression inquiétante : Chaplin déformé (« mélangé » à Hitler) et en arrière-plan, une étoile jaune, un nazi, des tanks, puis très progressivement Hitler prend le dessus et fait disparaître Chaplin / noir / Hitler en plan plus rapproché

« le degré zéro de l’autre se pose

dès qu’on prononce le mot homme »

Bruits de guerre et cri de femme quand Hitler prend le dessus sur Chaplin

d’

après

moi [sur Chaplin] /

aprés

moi [en blanc sur noir, sur Hitler] /

histoire

 du   (s)

cinéma

15’07

Plan de vagues dans lesquelles on aperçoit un corps entrecoupé de noirs très rapides

 

Bombardement et musique Kurtág, id., 1989

histoire

 du   (s)

cinéma [lettres blanches, iris]

les

signes

parmi

nous [en vert, lettres decalées]

[les deux titres sont superposés]

15’16

Plan de l’extrême-onction d’Ivan qui se soulève avant qu’on incline vers lui les évangiles qui lui recouvrent alors le visage / gros plan des mains de Pimène qui se retirent des évangiles / les mains des évèques se posant sur les évangiles, Ivan le terrible (Eisenstein, 1944-46)/ photographie du visage de Staline mort / surimpression de Pimène se signant (en haut) avec Staline qui passe en uniforme (en bas au centre) / noir / des soldats coiffés de chapkas avancent dans des rues dévastées par la guerre / ouvrière de la métallurgie devant des fourneaux

mais de quoi meurt l’Europe

Dostoïevski né en automne

mort en hiver

mais pourquoi était-il fasciné

par le martyre d’un enfant innocent

par une brute

[Trois hommes : Pascal, Ibsen, Dostoïevski

[Suarès, 1913], récité dans JLG/JLG ]

Musique id

bsf en russe

l’homme

le

capital

le

plus

précieux

[blanc sur noir]

[Discours de Staline, le 4 mai 1935]

16’06

Noir / plans d’enfants défilant (au ralenti et mouvement saccadé)

parce qu’il faut qu’il y ait

un peuple russe dans les langes

il faut que ces esclaves politiques

soient admirables de liberté morale

il faut que ces brutes

dans l’enfer de l’ivrognerie

Texte en russe, bsf ?

les

illusions

perdues [sur noir] /

nous

acculerons

l’humanité

au

bonheur

[sur plan des jeunes défilant]

16’18

 Staline saluant, clignotement et alternance très rapide avec une femme au regard dur et inquiet, La Baie de la mort (Abraham Room, 1926) et photographie de Boris Barnet / femmes russes en uniforme, souriantes en surimpression avec Staline  saluant / noir /

et des massacres

soient tout de même riches d’une inconscience

qui n’a plus d’égale en Europe

il faut que ce peuple

capable de tout parfois

comme les enfants cruels

et qui dort le reste du temps

dans une affreuse impuissance

 

à l’ecole

des

tyrans

[jaune sur noir]

16’30

Une femme à vélo croise un camion (à l’arrière : drapeau et banderole rouge et homme saluant), Un Eté prodigieux (Boris Barnet, 1950) / noir / un camion, avec une affiche de Staline, drapeau rouge, banderole, passant devant des femmes au travail / noir / les pieds nus d’une femme descendant un escalier enneigé, Zoya (Lev Amshtam, 1944)

il faut pourtant qu’il soit le seul peuple d’Europe

qui ait encore un dieu

[son superposé en français, très peu distinct]

« tais-toi Cassandre

tant que nous ne sommes pas réveillés »

The Sea

vertige

de

l’histoire /

odyssée

de

l’utopie

16’44

Femme en gros plan qui tire avec une mitraillette, Le Quarante et unième, (Grigori Tchoukhraï, 1956) / noir /

 

Mitraillette et The Sea

monople

de la

souffrance [toujours jaune sur noir]

16’54

Le visage ensanglanté d’un enfant à terre (image vidéo) / noir /

[Un passage d’un écrit théologique de jeunesse de Benjamin lu par JLG :]

« pour l’amour

de quel lever de rideau

nous dépouillons-nous de nos rêves

comment osons-nous au réveil

les porter à la lumière »

[Les Yeux verts, Duras, 1980 :]

ô

dans la lumière

chacun de nous porte autour de soi

les rêves invisibles

la musique nous élève tous

Id. , The Sea

douleur

de la

révolution

croisade sans croix

[Kœstler, 1943]

histoire

 du   (s)

cinéma [sur noir]

histoire

toi

toi [sur noir]

toi

17’16

En très gros plan, une bouche de femme et un homme au-dessus d’elle en amorce, en fondu enchaîné et surimpression avec scène de valse puis contre-champ sur l’homme (Terence Stemp) toujours en surimpression avec danse, Les Fiancés (Olmi, 1963)

jusqu’à ce trait de lumière

tu sais

qui jaillit sous le rideau

quand un orchestre accorde ses violons

la danse commence

alors nos mains glissent et se séparent

nos regards s’abîment les uns dans les autres

nos corps s’effleurent avec précaution

chacun évite de réveiller l’autre du rêve

de lui faire regagner l’obscurité

quitter la nuit de la nuit

Id.

 

17’42

Noir

qui n’est pas le jour

comme nous nous aimons

Id.

histoire

 du   (s)

cinéma

[blanc iris]

chapitre

4b [rouge, lettres superposées]

17’50

Noir / Un homme sur la plage faisant pivoter une caméra, For Ever Mozart (JLG, 1996)

« c’est d’ailleurs ce que j’aime

en général au cinéma

une saturation de signes magnifiques

qui baignent dans la lumière

de leur absence d’explication »

[Manoel de Oliveira]

 

les

signes

parmi

nous [en blanc, effet de rémanence]

18’08

Iris, gros plan de l’homme du couple au projecteur / noir / JLG à son bureau à contre-jour (JLG/JLG, 1995) / noir /

 « ça ne se dit pas, cela ne se dit pas

[son superposé un autre homme criant : « … exprimer simplement de la rancœur… »]

cela s’écrit Flaubert, non

Pouchkine

Flaubert

Dostoïevski

cela s’écrit Flaubert, Dostoïevski

cela se compose Gershwin, Mozart

cela se peint Cézanne, Vermeer,

cela s’enregistre Antonioni, Vigo

Festina lente (Arvo Pärt, 1988-1990)

l’homme est

[très progressivement] [sur noir] /

un animal

 qui trahit /

et

l’histoire /

est

le film /

de sa

trahison [sur JLG]

18’47

Phares d’auto dans la nuit, La Nuit du carrefour (Renoir, 1932) / noir / homme paraissant très petit et sortant d’un champ de blé, écrivant sur un cahier, King Lear (JLG, 1987) / noir / homme devant la mer, King Lear / noir

 

Id. .

il

y avait

un

roman /

de

Ramuz

qui

racontait /

qu’un

jour

un

colporteur /

arriva

dans

un

village [sur noir] /

au

bord

du

Rhône /

et

qu’il

devint

ami [sur noir]

19’23

Saturnin courant à la rencontre d’Angèle, Angèle (Pagnol, 1934) / noir  / Pagnol suite, plongée sur la charrette / noir / Pagnol suite / noir

 

[Bsf Angèle : ]

« Saturnin : Demoiselle, demoiselle ![sur noir]

Angèle : Qu’est-ce qu’il y’a ?

S. : Demoiselle, j’ai pris un raccourci à toute vitesse pour te dire un secret.

A. : Encore un ? Et qu’est-ce qu’il y a ? »

Musique id.

avec

tout

le

monde /

parce qu’

il

savait

raconter /

mille

et

une

histoires /

et

voilà

qu’un

orage

éclate

19’44

Plan de tempête, Au bord de la mer bleue (Boris Barnet, 1936) / noir  / Barnet id. / noir /  noir entrecoupé de plans en noir et blanc très contrastés objets indéfinis

 

musique id. et cri en russe (bsf Au bord de la mer bleue)  sons superposés autre musique (du film ?)

et dure

des

jours et

des jours [x2] /

et alors

le

colporteur

raconte /

que c’est

la fin

du

monde [x3]

[sur noir]

20’31

La sœur de Marion découvrant le cadavre dans la cave, plan de l’ampoule qui balance, Psychose (Hitchcock, 1960)  / noir / un enfant qui sort la tête d’un wagon avant qu’on ne voit un militaire refermer la porte d’un vagon /  noir

 

musique id. et cri de Psychose, sons superposés des violons suraigus de Hermann

que c’est

la fin

du

monde /

mais

le soleil

revient

enfin /

et les

habitants

du

village

[sur noir]

21’02

Clignotement et iris très rapides coucher (ou lever) de soleil, Je vous salue, Marie (JLG, 1984) et vielle femme relevant un homme mort, Le trésor  d’Arne  (Stiller, 1919)  / noir

 

musique id.

chassent

le

pauvre

colporteur [sur noir]

21’08

Homme tirant sur un autre derrière une fenêtre, Rio Bravo (Hawks, 1959) /  noir / 

 

coups de feu, sirènes et musique id.

ce

colporteur

c’était

le cinéma /

c’était

le

cinéma

[sur noir]

21’22

Une lumière dans l’obscurité, La Nuit du carrefour  et un homme qui sort du noir et dit : « Les phares, éteignez les phares » (Renoir, 1932) / noir / cours de chant dans Citizen Kane (Welles, 1941) / iris, photographie de Sartre  /  noir

 

musique id. et début bsf : cours de chant dans Citizen kane : « No, no, no, no, no… » et autre musique ?

c’était

le

cinéma

c’était [x2] [en plus gros]

« Citizen

Kane

n’est pas

pour nous

un exemple

à suivre »

[sur noir et sur la photographie de Sartre, article de Sartre paru dans L’écran français en 1945]

histoire

 du   (s)

cinéma

[iris, on ne voit que des bribes]

l’écran

français

[rouge en sur]

21’53

Homme sur une montagne devant des flammes, Macbeth (Welles, 1948) iris et surimpression Sartre / Sartre (autre image, il fait un discours) fondu enchaîné, une femme avec un chapeau, La Belle et la bête (Cocteau, 1946) / noir

[Discours de Sartre sur la guerre du Vietnam :]

 « … parce qu’ils n’aiment pas le système communiste qui d’ailleurs s’établit lentement et difficilement, étant donné les ravages causés sur la terre vietnamienne »

bsf Citizen Kane, suite du cours de chant  : « Some people can sing, some can’t … Impossible, impossible »?

orson

welles

se

moque

de

l’histoire [sur le plan de Macbeth] /

de

l’histoire

[jaune sur Sartre et film Cocteau]

C’était

[sur noir, en gros caractères sur « histoires du cinéma]

22’31

Femme donnant à manger à un enfant, Kino-Pravda (Vertov, 1922) / noir /

[Sartre suite :]

« si le système communiste ne plaît pas à tout le monde » ?;

 [JLG, superposé : ]

oui mais l’histoire

 au fond qu’est-ce que c’est

tout au fond Malraux

 

id. [sur noir]

22’37

N. Wood en accéléré  puis arrêt, puis retour en arrière, iris, se retourne vers nous, La Prisonnière du désert (Ford, 1956) / contrechamp sur John Wayne / noir  /

nous sentions tous

 que l’enjeu appartenait

 à un domaine plus obscur que le domaine politique

 Braudel

 qu’on mesure la foule de ceux

 qui nient leur misère

Musique The Sea

id. [sur N. Wood  qui se retourne]

 id. [sur noir]

22’48

Ginny entourée d’hommes qui l’embrassent, La Fièvre dans le sang (Kazan, 1961)

le nombre de ces cœurs qui veulent être eux-mêmes

 vivre de leur vie malgré tout 

Id.

histoire

 du   (s)

cinéma

[iris bribes]

c’était

[vert, superposé]

22’54

On déterre les corps du couple à Pompéi, Voyage en Italie (Rossellini, 1953) entrecoupé de noirs

comme si notre vie était à nous

hélas, à notre disposition

et cet enfoiré de Cioran

rien de ce que nous savons

ne reste sans expiation

nous payons chèrement tôt ou tard

n’importe quel courage de la pensée

ou indiscrétion de l’esprit

et le jeune Péguy

 

voyage

   en

Italie

        [sur noir]

23’18

Homme et femme dans un cimetière, Lou n’a pas dit non (Miéville, 1994)

ah, l’histoire

une sombre fidélité pour les choses tombées

[sons superposés:]

« j’tavais prévenu, témoin signifie …

« j’tavais prévenu, témoin signifie …

histoire

 du   (s)

cinéma

[sur plan]

23’20

Couverture de Clio (Gallimard, Charles Péguy, 1932), iris plan d’une femme courant vers un homme mort, au sol, La Croisée des destins, le titre (Clio) reste à l’image (Cukor, 1956) / même structure du plan avec Cosette avec son sceau, Les Misérables (Raymond Bernard, 1933) / même structure avec Louise Brooks le revolver en main,  Loulou (La Boîte de Pandore, Pabst, 1929)/ même structure, détail (visage femme), saint Sébastien soigné par Irène (Georges de la Tour, 1649) / même structure avec autre visage de femme, Crucifixion (Grünewald, 1511-20) / même structure avec femmes des camps les bras sur la tête / même structure avec une photographie de Louise Rainer vers 1930 /

 

martyr »

sirène de pompiers

Chanson  ridicule en italien (à partir des Misérables), fin de la chanson sur le dernier plan de la série

 

24’06

Même structure série précédente avec jeune fille et jeune homme sur une barque, Les Dernières vacances (Roger Leenhardt, 1947) / id. avec vieille femme portant un fardeau

[voix de femme :]

« voyez-vous Péguy, dit-elle

aujourd’hui ils en appellent au jugement de l’histoire

c’est l’appel moderne

c’est le jugement moderne

   

24’16

Noir / photographie de morts au Rwanda / noir / photographie sculpture égyptienne / noir / iris femme avec étoile jaune, au-dessus gravure enfant mort en alternance avec fusil brandit / alternance même gravure et fusil

pauvres amis

ils me prennent pour le juge

et je ne suis que la demoiselle de l’enregistrement

on nous a dressé un appareil

dit-elle

nous vivons dans un système

où on peut tout faire

excepté l’histoire de ce qui se fait

où on peut tout achever

excepté l’histoire de cet achèvement

voyez-vous, Péguy, dit-elle

The Sea

qui veut

se souvenir

doit se confier

à l’oubli /

au risque

de

l’oubli

absolu /

et ce beau

hasard

que devient

le souvenir [vert sur noir]

25’00

Noir /JLG de dos devant un écran, (JLG/JLG, 1995)

le soir tombe toujours

 

histoire

 du   (s)

cinéma

25’02

id. / noir /

[Citation dans JLG/JLG de Mais l’original est image, essai de Pierre Reverdy paru dans la revue Nord Ouest. Reverdy parle aussi de l’image dans Gant de crin :]

« une image n’est pas forte

parce qu’elle est brutale ou fantastique

mais parce que l’association des idées est lointaine »

musique de la bsf  de JLG/JLG

de

l’autre

cinéma /

qui

devint

l’ami /

du

monde

entier

25’15

Iris et surimpression d’une valse de Madame de… (Ophüls, 1953) et salle de cinéma avec un homme assis qui se retourne vers une femme au premier plan debout, La Marie du port (Carné, 1949)

« lointaine et juste »

Musique du film d’Ophüls et bIris

ma

dame

de

jaune sur plan]

25’26

Iris : au centre en alternance, un oiseau au bec très pointu avec un casque sur la tête, un visage et un animal, La Tentation de saint Antoine (Bosch, 1505-10) et (image d’arrière- plan) Le Moulin Rouge à Pigalle à Paris

/ noir

[Péguy, suite :]

« on m’a donné un nom, l’histoire

[à la fin]

[bsf : ]

« et j’vous aime »

silence / The Sea

 

25’38

Surimpression photographie Stroheim (vers 1954) et une main qui manipule de la pellicule / noir /

et un prénom, Clio

The Sea

rapprocher

les

choses /

qui

n’ont

encore

[Bresson dans Notes sur le cinématographe ] [sur noir]

25’45

Peinture, un homme assis, Trois études pour Lucian Freud (Francis Bacon, 1969) /

qu’eût-ce été s’il ne se fût point agi d’un texte

mais d’un mouvement même

   

25’48

Keaton toujours avec son air triste et un homme qui s’élance vers lui avec une sale tête, Sherlock Jr (Keaton, 1924) / femme au téléphone, et alternance rapide avec Cary Grant, La Dame du vendredi (Hawks, 1940)

d’une idée de réalité de vie

et vous savez ce que je n’aime pourtant pas

abuser de ces mots

ou simplement

s’il se fût bien agi encore d’un texte

 

jamais

été

rapprochées

[sur le plan de Hawks]

26’01

Noir  /  Des mains qui manipulent de la pellicule sur un banc de montage, King Lear (JLG, 1987)

mais s’il ne se fût point agi

 de déterminer des textes sur un mot

 mais sur une idée par exemple

 ou sur une intention

sur un mouvement

 sur un usage

 ou sur une parenté

quelqu’un parle en anglais : « the present, the future, and the past »  / bruit continu de soufflerie (les machines de montage ?)

rapprocher

 les

choses  /

qui

n’ont

encore

jamais été

rapprochées /

et ne

semblaient

pas  /

disposées

à

l’être

26’29

Noir

 

bruit de montage (soufflerie et coupes)

les

signes

parmi

nous

[recouvrent « histoires du cinéma », et rémanence sur noir]

26’35

Le Christ descendant des limbes (Cézanne, 1863) / iris au centre : un texte sur la langue et l’image puis iris dans texte : foule (au ralenti) de gens qui lèvent les bras comme pour ne pas se noyer, Metropolis  (Lang, 1927) 

ou simplement

s’il se fût bien agi encore d’un texte

 mais s’il ne se fût point agi

de déterminer des textes sur un mot

mais sur une idée par exemple

ou sur une intention

sur un mouvement

sur un usage

ou sur une parenté

une femme parle en anglais de la passion puis un homme de royaume.

les

signes

parmi

nous

[sur tableau]

27’10

Noir / surimpression mitraillettes et hommes très colorés au premier plan clignotement très rapide avec volets horizontaux : un homme s’avançant au ralenti avec fusil / autre plan, palestinien au ralenti en plongée qui tient un fusil, Ici et ailleurs (JLG, 1975)

 

une voix d’enfant qui mime la guerre (en arabe) / début de chanson en polonais

rapprocher

les

choses

[sur noir et sur plan 1]

 [id.. sur plan 3]

et, qui ne

semblent

pas

27’28

Surimpression bobines de montage qui tournent et (à gauche) photographie d’Eisenstein

 

Bruit de moteur et chanson 

[clignotement] israël

[jaune sur plan]

[clignotement]  ismaël

israël

c’était

27’58

Noir  /  une grimace horrible en gros plan de Rotwang, le savant de Metropolis, (Lang, 1927)

 

The Sea (percussions lentes et presque lointaines)

si

je ne

Mabuse

[Lang, 1922] sur noir

alleman

 juif

[en très gros caractères, manque le d]

28’14

La Déposition du Christ (Grünewald, 1504-05) / noir /

 

Id. .

 

28’17

Soldats allemands au ralenti tirant un corps, mouvement de caméra qui donne à voir progressivement le corps

[Sur le plan de l’homme mort, Hegel est cité avec écho, en français et en allemand, Principes de la philosophie du droit, 1821:]

« lorsque la philosophie peint dans la grisaille

une manifestation de la vie achève de vieillir

on ne peut pas la rajeunir avec du gris sur du gris

seulement la connaître. »

 

alleman [sur militaires]

juif

musul

man

[sur le corps qu’on traîne]

28’41

Noir / noir /  une voiture roulant sur un panneau sur lequel est inscrit : « Karl Marx Sraße », un train la nuit, Allemagne 90 neuf zéro (JLG, 1991)

Marguerite

Germaine

Margarete

Milena

N’est-ce pas Djamila ?

[bsf Allemagne 90 neuf zéro :]

« Joyeux non-anniversaire »

l’espèce

humaine

[Robert Antelme, 1947]

n’est-

ce

pas

[gros caractères sur noir]

28’56

Jeune femme en gros plan disant (cf texte), For Ever Mozar (JLG, 1996) /

« je n’ai pas pensé à la mort

il n’y a pas de mort

il y a seulement

moi qui vais mourir »

[sons superposés, Clio :]

« voyez-vous Peguy dit-elle, rien n’est aussi commode qu’un texte

   

29’13

Une image de bande dessinée ( ?), une femme lisant / La Naissance de Vénus (Botticelli,1478) avec le livre de l’image précédente /

et rien n’est aussi commode qu’un mot dans un texte

nous n’avions que du livre

à mettre dans du livre

que serait-ce quand il faut dans  un livre

   

29’23

Chat se retournant l’air terrifié (cartoon de Tex Avery), un texte en surimpresion/

dans du livre mettre de la réalité

et au deuxième degré

quand il faut dans la réalité

mettre de la réalité

silence / The Sea

montage

inter

dit /

par

andré

bazin

29’32

Photographie de Bazin (un portrait et l’autre où  il remet sa veste) puis à gauche (et tout le cadre) jeune femme faisant un footing, Nadia à Paris (in Paris vu par, Rohmer, 1964)

qu’arrive-t-il toujours, mon ami

le soir tombe

les vacances finissent

il me faut une journée

pour faire l’histoire d’une seconde

 

la robe

sans

couture /

de

la

réalité

[rouge]

29’50

Photographie de Lang regardant dans le viseur d’une caméra 35 / gros plan de Che Guevara mort /

il me faut une année

pour faire l’histoire d’une minute

   

30’00

Clignotement, Che Guevara bien vivant avec son fameux béret et détail d’une toile de Goya avec peut-être du sang (1787) / noir

il me faut une vie pour faire l’histoire d’une heure

   

30’3

Une gravure de femme effrayée avec son enfant / noir /  une autre avec deux femmes nues fondu enchaîné

il me faut une éternité

pour faire l’histoire d’un jour

on peut tout faire

excepté l’histoire de ce que l’on fait

 

de

la

réalité

[rouge]

30’16

Iris homme en contre-jour avec caméra sur grue, Scénario du film Passion (JLG, 1982) /

 

The Sea

 

30’22

Noir

« le privilège est pour moi

Id.

histoire

 du   (s)

cinéma

[sur noir]

  moi

toi

30’27

Vue (plongée totale) sur un enfant dans un espace réduit en clair obscur, plan plus rapproché, il semble tenir une partition dans la main alors que de l’autre il touche les murs comme pour prendre connaissance de l’espace dans lequel il se trouve, Dead and Blind (Wiseman, 1986) / noir / clignotement une main en noir et blanc en très gros plan et très gros plan du visage en noir et blanc de JLG /  une autre main et une autre photographie de JLG

de filmer

et de vivre en France

en tant qu’artiste

rien de tel qu’un pays qui descend chaque jour

d’un degré dans la voie de son inexorable déclin

rien de mieux qu’une contrée toujours plus provinciale

dirigée par les équipes tournantes

des mêmes incapables, malhonnêtes

et tous corrompus de leur soutien à un régime

de totale et permanente corruption

 

les

signes

parmi :nous

[en jaune sur plan 1 main et visage]

30’53

Mains s’approchant d’un dos nu de femme, Un chien andalou (Buñuel, 1928) / mains très étranges comme celles d’un cadavre, se dirigeant vers un mur ou de l’eau, La Rue sans joie (Pabst, 1925) / noir

quoi de préférable

à ce logement sur une terre

où la justice s’apparente au pire bazar

 

de

l’autre

cinéma

31’O6

Mains entourant le visage d’une femme, Le Violent, Ray, 1950) / femme mettant sa main sur la bouche d’une autre comme pour l’empêcher de parler, La Belle et la bête, (Cocteau, 1946) / noir

quel artiste ne rêverait pas d’une telle nation

la quatrième puissance économique mondiale

nous dit-on

   

31’14

Une petite patte d’animal dans la main d’un homme / une main donnant l’hostie à une jeune femme, Le Procès de Jeanne d’Arc (Bresson, 1961) / noir

alors que le démenti dort devant notre porte

en attendant une pièce

pour faire taire un peu

les douleurs de qui a faim

The Sea (6)

lamarche

vadel

[vert sur noir]

31’35

Une main qui semble implorer ? fondu enchaîné une statue avec un homme (qui ressemble plus à Kirk Douglas qu’à un russe) dessus dans Octobre (Eisenstein, 1928) / photographie Hemingway et son petit enfant

oui, c’est de notre temps

que je suis l’ennemi fuyant

oui, le totalitarisme du présent

tel qu’il s’applique mécaniquement

chaque jour plus oppressant au niveau planétaire

cette tyrannie sans visage

qui les efface tous au profit exclusif de l’organisation

systématique du temps unifié de l’instant

cette tyrannie globale et abstraite

de mon point de vue fuyant

je tente de m’y opposer

Id.

 

32’21

Photographie de Hemingway en clignotement très rapide avec autre plan fenêtre puis arrêt sur une photographie de Guy Debord  / noir

parce que je tente dans mes compositions

de montrer une oreille qui écoute le temps

et tente aussi de le faire entendre

et de surgir donc dans l’avenir

la mort étant déjà comprise dans mon temps

je ne puis en effet qu’être l’ennemi de notre temps

puisque sa tâche vise justement

l’abolition du temps où je ne vois pas dans cet état

qu’une vie mérite d’être vécue

Id.

hollis

frampton

[jaune sur noir]

32’31

Des hommes courent, le plan se répète verticalement comme s’il y avait un problème de défilement lors d’une projection, Vendémiaire (Feuillade, 1918)

« quand un siècle se dissout lentement dans le siècle suivant

quelques individus transforment les moyens de survie

anciens en moyens nouveaux

   

32’42

Noir  /  un oiseau de mer, La Forêt interdite (Ray, 1958)  /  noir /  femme  dans film id.  /  femme de dos dans une salle de bain, et traversant d’un pas rapide tout un appartement (couloirs) Faces (Cassavetes, 1968)  /  noir

ce sont ces derniers que nous appelons art

 la seule chose qui survive à une époque telle quelle

 c’est la forme d’art qu’elle s’est créée

 aucune activité ne deviendra un art

 avant que son époque ne soit terminée

[citation modifiée de Frampton, 1971]

bsf en anglais

histoire

 du   (s)

cinéma

 chapitre

  4b [vert sur noir] [superposés]

les

 signes [jaune sur noir]

parmi

 nous [jaune sur noir 2]

33’02

Chaplin jouant du violon, Limelight (Chaplin, 1952), chute du pianiste / noir/ chute de Chaplin

ensuite cet art disparaîtra

musique de Limelight / silence sur l’image de la chute de Chaplin

 

33’25

Noir / Foule de militaires, ils courent avec drapeaux rouges, et plan plus rapproché avec des femmes, La Chute de Berlin (Michaïl Tchiaourelli, 1949)

c’est ainsi que l’art du dix neuvième

 le cinéma

 fit exister le vingtième qui par lui-même

 exista peu

Bruit de foule et chants de La Chute de Berlin

toutes

 les

 histoires /

une

 histoire

 seule

33’36

Noir  /  image d’archives militaires avec de Gaulle au ralenti  /  iris au centre photographie Rimbaud enfant

[Rimbaud :]

« les hommes et les femmes

 croyaient aux prophètes

 maintenant on croit à l’homme d’état » 

The Sea (7)

Arthur

 Rimbaud

[sur noir]

33’51

Noir  /  Dessin de Staline par Picasso (1953), lent fondu enchaîné avec la gravure de deux femmes avec un oiseau (La Paix, Picasso, 1950) fondu enchaîné lent : statue 

rien n’est plus contraire à l’image de l’être aimé

 que celle de l’état

 dont la raison s’oppose à la valeur souveraine de l’amour

 l’état n’a nullement, ou il a perdu ,le pouvoir

 d’embrasser devant nous la totalité du monde

 cette totalité de l’univers

 donnée en même temps

 au dehors dans l’être aimé

 comme un objet

 au dedans dans l’amant

 comme sujet

Id.

Georges

 Bataille

[sur noir]

34’19

Photographie de Maurice Blanchot fondu enchaîné

« le cinéma ne craignait donc rien des autres

Id.

Maurice

Blanchot

34’26

Personnage terrifiant, Nosferatu, eine Symphonie des Grauens (Murnau, 1922) iris et fondu enchaîné, au ralenti une foule de têtes couvertes de longs tissus gris, un drapeau rouge au premier rang / noir

ni de lui-même

 il n’était pas à l’abri du temps

 il était l’abri du temps

 oui, l’image est bonheur

 mais près d’elle le néant séjourne

 et toute la puissance de l’image

 ne peut s’exprimer qu’en lui faisant appel

il faut peut-être ajouter encore

que l’image

 capable de nier le néant

 est aussi le regard du néant sur nous

 elle est légère

 et il est immensément lourd

 elle brille

 et il est cette épaisseur diffuse

 où rien ne se montre

Id.

 

35’03

Toile, un couple dans l’herbe, Jawlensky et Werefkin (Gabriel Münter, 1908-09) lent fondu enchaîné

Emily Dickinson

 le plus éphémère des instants

 possède un illustre passé

 

Emily

Dickinson

35’25

Une silhouette à contre-jour portant un corps de femme morte, Le Cabinet du Dr Caligari (Wiene, 1919)

 

Id.

histoire

 du   (s) [supeposés à :]

cinéma

cinéma

 histoire(s)

[rouge]

35’31

Une loupe sur l’œil d’un homme dans Monsieur Arkadin (Welles, 1955) lent fondu enchaîné plan horrible de l’œil, Un chien andalou (Buñuel, 1928) sur main d’une monteuse coupant de la pellicule et un plan de JLG de profil dont le visage est caché par un noir, iris, (JLG/JLG, 1995) / noir

[Canto I, Ezra Pound, 1930.

Voix d’Ezra Pound :]

« But first Eleonor came, our friend Elpenor,

 unburried, cast on the wide earth,

 limbs that we left in the house of Circe

 unwept, unwrapped in the sepulchre, since toils urged other.

Pitiful spirit. »

[trad. P. Lamarque : « Mais en premier vint Elpenor, notre ami Elpenor, le non enseveli, l’abandonné à la vaste terre, dont nous avions laissé les membres dans la demeure de Circé, sans larmes, sans robe de sépulcre, pour d’autres tâches plus urgentes. Pitoyable esprit. »]

Id.

le

 je ne sais

 quoi /

et le

 presque

 rien

[Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, Vladimir Jankélévitch, 1957]

35’52

Desdémone marchant sous des arcades et les yeux (clair obscur) d’un homme qui la regarde, puis entrelacement de plans qui donne le vertige, se termine par un gros plan de Desdémone (qui semble découvrir la rose du plan suivant), Othello (Welles, 1952)

 

Id.

le

cinéma

seul

[sur noir]

36’3

Gros plan d’une rose jaune, Allemagne 90 neuf zéro (JLG, 1991)

 

Id.

usine

 de

 rêve

36’14

Noir / silhouette d’un homme qui marche, Etude pour le portrait de Van Gogh (Bacon, 1957) clignotement très rapide avec la rose jaune et le visage de JLG (rose jaune à la bouche) puis retour sur le tableau de Bacon fondu enchaîné très lent sur le visage de JLG

[Borgès, Livre des rêves,, 1976 :]

« si un homme

 si un homme traversait le paradis en songe

 qu’il reçût une fleur comme preuve de son passage

 et qu’à son réveil il trouvât cette fleur dans ses mains

 que dire alors

j’étais

 cet homme. »

 

jorge

 luis

 borges

36’36

     

[générique de fin :]

production

gaumont

cnc

fémis

  periphéria

histoire

 du   (s)

cinéma