| 0’00 |
Noir |
silence |
pour Gianni Amico [critique italien et joue dansPrima della revoluzione de Bertolucci] [vert] |
|
| 0’05 |
.Noir |
silence |
et pour James Agee [critique américain et scénariste] [jaune] |
|
| 0’11 |
Noir |
silence |
gaumont périphéria présentent |
|
| 0’16 |
Clignotement / iris / alternance très rapide / très long entre Saturne dévorant l’un de ses enfants (Goya, 1820-24) et Judith tranchant la tête d’Holopherne (Artemesia Gentileschi, vers 1620) / noir [sur « un témoin »] |
[JLG lit un extrait de Pour la Serbie , un texte de Victor Hugo : le 29 août 1876,:] « Il devient nécessaire d’appeler l’attention des gouvernements européens sur un fait tellement petit à ce qu’il paraît que les gouvernements semblent ne point l’apercevoir ce fait le voici on assassine un peuple où en Europe ce fait, a-t-il des témoins un témoin, |
Choral pour orgue, BWV 721 (« Aie pitié de moi Seigneur ») ; cf. 1b, 38’36 ; 2b ; 20’40 |
seul le cinéma [rouge bas] / fatale beauté [rouge] |
| 0’31 |
Affiche de Lénine sur laquelle est inscrite : « le mort de l’année », puis Lénine s’efface : reste l’étoffe blanche qui étouffe Desdémone (Welles, Othello, 1952). |
le monde entier les gouvernements le voient-ils non |
Id. |
la monnaie de l’absolu [bleu] |
| 0’56 |
Fondu enchaîné Othello, détail de La Bataille de San Romano (Ucello, 1435-1450) : « la contre-attaque de Micheletto da Cotignola / noir |
les nations ont au-dessus d’elles quelque chose qui est au-dessous d’elles les gouvernements à de certains moments ce contresens éclate la civilisation est dans les peuples la barbarie est dans les gouvernants cette barbarie est-elle voulue non, elles est simplement professionnelle ce que le genre humain sait |
Id. |
|
| 1’13 |
Alternance / clignotement très rapide entre la couverture de Science et vie (des miltaires en treillis, l’un au premier plan porte des lunettes électroniques et une arme pourvue d’une caméra vidéo, un autre tire au second plan, inscription : « Bosnie » en jaune, « les armes high-tech » (en rouge) et « exclusif » sur un petit bandeau à l’angle gauche) et une Pietà de Delacroix (1837) |
les gouvernements l’ignorent cela tient à ce que les gouvernements ne voient rien qu’à travers cette myopie |
Id. |
|
| 1’19 |
Photographie d’un cadavre horriblement décharné à terre, massacre au Rwanda |
la raison d’état le genre humain regarde avec un autre œil la conscience |
Id. |
la réponse des ténèbres [noir/gauche] |
| 1’23 |
Pietà id. |
Id. |
||
| 1’29 |
Noir |
nous allons étonner les gouvernements européens |
Id. |
|
| 1’31 |
Photographie d’une femme à terre, blessée, un chien mort à ses côtés, dans un décor rassurant et anodin, (un portail, des voitures garées…) |
en leur apprenant une chose c’est que les crimes sont des crimes |
Id. |
|
| 1’35 |
Lent fondu enchaîné photographie de Robert Capa avec caméra / noir |
c’est qu’il n’est pas plus permis à un gouvernement qu’à un individu d’être un assassin |
Id. |
|
| 1’40 |
Détail du Nain de cour Antonoio el Inglés (Velázquez, 1640-1645) |
c’est que l’Europe est solidaire c’est que tout ce qui se fait en Europe est fait par l’Europe |
Id. |
montage, mon beau souci [superposés] |
| 1’45 |
Noir |
c’est que s’il existe un gouvernement |
Id. |
montage montage montage |
| 1’47 |
Alternance / clignotement rapide entre des monstres, détail de la « Tentation de saint Antoine » du Retable d’Issenheim (Grünewald, 1512-15) et le visage du Christ dans Le Christ chassant les marchands (Le Gréco, vers 1570) |
de bêtes fauves il doit être traité en bête fauve |
Id. |
|
| 1’50 |
Noir |
c’est qu’à l’heure qu’il est, tout près de nous |
Id. |
mon beau |
| 1’52 |
Une femme dans les ruines dans les années quarante avec un enfant dans les bras et deux à ses côtés puis petite ouverture iris (clignotement très rapide) d’un aigle à bras d’homme du Retable |
là, sous nos yeux on massacre on incendie on pille on extermine on égorge les pères et les mères on vend les petites filles et les petits garçons |
Id. |
|
| 2’01 |
Noir |
c’est que les enfants trop petits |
souci |
|
| 2’03 |
Plan fixe Angèle avec son bébé (Pagnol, 1934) lent fondu enchaîné avec une gravure (un sabre ?) |
pour être vendus on les fend d’un coup de sabre c’est qu’on brûle les familles dans les maisons c’est que telle ville, Balak par exemple est réduite en quelques heures de neuf mille habitants à treize cents |
une vague nouvelle [brun] |
|
| 2’11 |
Très lent fondu enchaîné sol jonchés de corps dans une lumière de feu, du soleil couchant et de fumée de l’incendie de Saragosse peint par Goya en 1793-1794 |
c’est que les cimetières sont encombrés de plus de cadavres qu’on n’en peut enterrer de sorte qu’aux vivants qui leur ont envoyé le carnage les morts envoient la peste, |
Id. |
|
| 2’23 |
Noir |
ce qui est bien fait nous apprenons aux gouvernements d’Europe |
||
| 2’25 |
Vieille photographie du pont de Mostar, très lent fondu enchaîné qui fait apparaître le visage d’un homme qui ressemble à Mitterrand, Le Déluge (Ucello, 1446-48) |
ceci c’est qu’on ouvre les femmes grosses pour leur tuer les enfants dans les entrailles c’est qu’il y a dans les places publiques |
||
| 2’32 |
Très lent fondu enchaîné sur une gravure de Goya (corps morts) de la série des Désastres de la guerre (« Estragos de la guerra », pl. 30, entre 1810 et 1815) très lent fondu enchaîné visage (Mitterrand) du Déluge id. / en un éclair photographie de Mitterrand avec des lunettes noires / noir |
des tas de squelettes de femmes ayant la trace de l’éventrement c’est que les chiens rongent dans les rues le crâne des jeunes filles violées c’est que tout cela est horrible c’est qu’il suffirait d’un geste des gouvernements d’Europe pour l’empêcher, et que les sauvages qui commettent ces forfaits sont effrayants et que les civilisés qui les laissent commettre sont épouvantables |
le contrôle de l’univers [noir sur peinture Ucello] |
|
| 2’51 |
Dessin de deux corps (suppliciés ?) l’un : homme recroquevillé, l’aure : une femme avec une tache rouge à la place du sexe qui est à la hauteur de la bouche d’un Saturne dont le croquis se superpose au dessin en clignotement léger comme une flamme qui va s’éteindre, avec une femme portant une torche et au bras levé, Lady Macbeth somnambule (Füsli, 1781-84) |
les gouvernements balbutient une réponse ils ont déjà essayé ce bégaiement ils disent on exagère oui, on exagère ce n’est pas en quelques heures que la ville de Balak a été exterminée c’est en quelques jours on dit deux cents villages brûlés il n’y en a que quatre vingt dix neuf ce que vous appelez la peste n’est que le typhus toutes les femmes n’ont pas été violées toutes les filles n’ont pas été vendues |
La cloche mortuaire (à deux reprises au début de la série sur les corps suppliciés et à la fin de la série) |
|
| 3’16 |
Lady Macbeth id. clignotement id. avec deux corps pendus à un arbre, des taches rouges à la place du sexe et l’un en morceaux accrochés à l’arbre : des bras tranchés et attachés d’une corde à une branche, le corps pendu par les jambes et la tête plantée dans une branche, Bel exploit, avec des morts (dans la série des Désastres de la guerre, pl. 39, Goya, entre 1810 et 1815) |
quelques-unes ont échappé on a châtré les prisonniers |
Cloche mortuaire |
|
| 3’21 |
Goya id. clignotement avec l’enfant errant dans la ville de Allemagne année zéro (Rossellini, 1948) |
mais on leur a aussi coupé la tête ce qui amoindrit le fait l’enfant qu’on dit avoir jeté d’une pique à l’autre n’a été, en réalité, mis qu’à la pointe d’une baïonnette |
||
| 3’31 |
Id. Rossellini en surimpression avec un homme avec une tête au bout d’une pique (une gravure des Disparates, Goya, 1821-24) |
et cetera, et cetera |
Scènes d’enfant/Kinderszenen, n° 1, « Des pays lointains » (Schumann, op. 15, 1838) |
les signes parmi nous [vert] |
| 3’44 |
Noir |
et puis pourquoi ce peuple s’est-il révolté pourquoi un troupeau d’hommes ne se laisserait-il pas posséder comme un troupeau de bêtes pourquoi et cetera et cetera et cetera cette façon de parler |
histoire (s) du cinéma [vert] |
|
| 3’57 |
Les Majas au balcon (Goya, 1810) et un charnier : un panoramique descendant avec un flou de mouvement accentue l’effet de chute : tout semble tomber avec le corps. |
ajoute à l’horreur chicaner l’indignation publique rien de plus misérable les atténuations aggravent c’est la subtilité plaidant pour la barbarie |
||
| 4’08 |
La dernière image seule, un corps dans un mouvement de chute |
nommons les choses par leur nom |
||
| 4’12 |
La surimpression de deux Goya (les Majas et le visage qui suit) : |
tuer un homme au coin d’un bois qu’on appelle la forêt de Bondy ou la forêt noire est un crime |
||
| 4’18 |
Visage de femme avec les mains dans le geste de la prière, tout est dans les tons rouges : détail de la fresque de la coupole à San Antonio de la Florida (Goya, 1798) |
tuer un peuple au coin de cet autre bois qu’on appelle la diplomatie est un crime aussi plus grand voilà tout où s’arrêtera-t-on quand finira le martyre de cette héroïque petite nation |
Cloche mortuaire |
par pitié monsieur [blanc] |
| 4’31 |
Portrait : Le Général Antonio Ricardos (Goya, 1793-1794) |
alors on nous dit vous oubliez qu’il y a des questions assassiner un homme est un crime assassiner un peuple est une question chaque gouvernement a sa question nous répondons l’humanité aussi a sa question |
Cloche mortuaire (à la fin) |
par pitié monsieur [blanc] / monsieur le vicomte de laquais d’Orsay |
| 4’44 |
Camille sur son lit de mort (Monet, 1879) [plan long] |
et cette question, la voici elles est plus grande que l’Inde, l’Angleterre ou la Russie c’est le petit enfant dans le ventre de sa mère » |
Schumann id. [à la fin, après « le ventre de sa mère… »] puis un coup de tonnerre avant le noir |
Victor Hugo 29 août 1876 |
| 5’03 |
Noir |
(s) histoire 3 a du cinéma |
||
| 5’06 |
Saint Jean Baptiste un livre d’une main et pointant son doigt ailleurs (vers le Christ crucifié invisible sur ce détail) de l’autre : Le Retable d’Issenheim (Grünewald, 1512-15) |
les livres saints nous disent qu’avant de partir en voyage les filles de Loth voulurent se retourner une dernière fois |
Id. |
|
| 5’14 |
Fondu enchaîné et iris plan fixe Marlène Dietrich dans Le Chevalier sans armure (Feyder, 1937) |
et qu’elles furent changées en statues de sel |
Bruit de tonnerre |
|
| 5’20 |
Noir |
or, on ne filme que le passé je veux dire |
ne raconte pas d’histoires mon petit |
|
| 5’23 |
JLG dans l’avion touchant un tissu rouge que lui tend celui qui est auprès de lui, Soigne ta droite (JLG, 1987) |
que ce qui se passe |
Id. |
|
| 5’27 |
Noir |
et ce sont des sels d’argent qui fixent la lumière |
raconte des histoires, mon grand |
|
| 5’29 |
Iris blanc / photographie en noir et blanc de JLG / iris blanc / JLG id. / |
Bruit de pluie |
Id. |
|
| 5’47 |
iris id. puis au centre JLG bibliothèque en contre-jour, il parle |
[in] : pas d’histoires lorsque j’inventais des histoires quand je n’invente rien de quelles histoires s’agit-il alors celle de la bataille de Borodino et de la fin de la domination française racontée par Tolstoï [Guerre et paix, 1865-1869] celle de la bataille de Bagdad racontée par CNN [janvier 1991 : opération « Tempête du désert »] |
Tonnerre |
|
| 6’11 |
Une variante de Femme sur la plage (1899) d’’Edward Munch [mer noire et plage verte] |
le triomphe de la télévision américaine et de ses groupies |
Tonnerre – cloche mortuaire (à la fin) |
cbs tf1 rtl zdf [rouge à droite] |
| 6’18 |
La Guerre (Le Douanier Rousseau, 1894) |
[Après deux coups de cloche mortuaire, sur le moderne Cavalier de l’Apocalyse du Douanier Rousseau, on entend ce chant de marche allemand, Singend wollen wir marschieren :] « Adolf Hitler soll uns führen |
Id. / nbc fr3 rei [qui devient :] reich 3] orf |
|
| 6’30 |
Noir / surimpression Mabuse apparaît au professeur dans sa voiture, Le Testament du Dr Mabuse (Lang, 1933 et produit par Pommer) et un détail de Combats (Kirchner, 1915) / noir / |
un allemand, Erich Pommer, fondateur d’Universal |
« Wir sind stehs bereit! Links und rechts (x 2) » [cloche mortuaire] |
|
| 6’38 |
Une femme avec un homme en armure jusqu’aux dents, Attila, il flagello di Dio, Febo Mari, 1917) en alternance rapide et clignotement avec photographie de Pommer ? |
aujourd’hui, Matsushita Electronics |
« Schaut manches liebe Mädel Aus dem Haus heraus! » |
|
| 6’43 |
Photographie de Pommer en alternance / clignotement très rapide avec Onze heures du matin (Hooper, 1926) : une femme nue dans un fauteuil et qui regarde par la fenêtre |
s’exclamait je ferai pleurer le monde entier dans son fauteuil peut-on dire qu’il a réussi |
« Wir, wir, wir marschieren g’rade aus! » [cloche mortuaire] |
|
| 6’49 |
Le logo d’Universal qui tourne au ralenti avec plein d’étoiles avec clignotement très rapide de deux plans : une femme dans la foule qui cherche à se frayer un chemin [Le Rideau déchiré, Hitchcock, 1966] et une blonde l’air surpris et effrayé [Le Piment de la vie, Jewison, 1963] |
d’une part il est vrai que les journaux et télévisions du monde entier ne montrent que la mort et des larmes mais d’autre part il est vrai aussi que ceux qui restent à regarder la télévision ils n’ont plus de larmes à pleurer ils ont désappris à voir |
Cloche mortuaire (x 3) |
erreur Carl Laemmle [allemand, fondateur d’Universal] |
| 7’19 |
Lent fondu enchaîné (qui reste en surimpression) logo universal et plan fixe d’une femme brune la tête posée sur la main |
oui quelle histoire voulons-nous à supposer que nous soyons dignes de la Chartreuse [Stendhal, 1839] et des crimes et des châtiments [Dostoïevski, 1866] |
Cloche mortuaire (sur le fondu enchaîné) – Troisième mouvement de la Symphonie « Mathis der Maler » (« La Tentation de saint Antoine), Hindemith (1933-1934) |
|
| 7’27 |
Noir |
voilà ce que demandait David O. Selznick : je veux Del Rio |
du cinéma [jaune/bas/gauche] |
|
| 7’31 |
Surimpression : l’homme à la caméra, King Kong (Cooper et Schœdsack, 1933) et plan fixe de Virginie Mayo, puis en surimpression avec explosion de lave incandescente Capitaine sans peur (Walsh, 1951, avec Virginia Mayo) |
et Tyrone Power dans une romance ayant pour cadre les mers du sud peu m’importe l’histoire pourvu qu’elle s’intitule Birds of Paradise [Vidor, 1932] et que del Rio saute à la fin dans un volcan |
Id. |
erreur [rouge/haut/gauche] Virginia Mayo |
| 7’48 |
Noir |
Cinquième mouvement (Allegro molto) du Quatuor à cordes n°4 de Béla Bartók (1928) |
qu’est- ce que le cinéma [Bazin, 1958-1962] [Suit la « reprise » de Qu’est-ce que le tiers état ? de Sieyès paru en janvier 1789, dont le plan était : 1 – Qu’est-ce que le tiers état ? Tout. 2 – Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. 3 – Que demande-t-il ? A être quelque chose.] [par intermittence/clignotement] |
|
| 7’52 |
L’oncle Birdie se balance sur sa chaise : La Nuit du chasseur (Laughton, 1955) |
Id. |
||
| 7’54 |
Noir |
Id. |
rien |
|
| 7’55 |
Laughton id. |
Id. |
||
| 7’59 |
Noir |
Id. |
que veut-il |
|
| 8’02 |
Laughton id. |
Id. |
||
| 8’07 |
Noir |
Id. |
tout |
|
| 8’09 |
Laughton id. |
Id. |
||
| 8’11 |
Noir |
Id. |
que peut-il |
|
| 8’16 |
Laughton id. |
Id. |
||
| 8’20 |
Noir |
Id. |
quel que chose |
|
| 8’27 |
Laughton id. |
[J. Delpy : ] « le plus étrange c’est que... |
Id. + Tosca (Puccini, 1896-1900) |
|
| 8’29 |
Le résistant agonisant (mouvement de chute de la tête au ralenti) après la torture dans Rome, ville ouverte (Rossellini, 1945) |
… les morts vivants de ce monde sont construits sur le monde d’avant leurs réflexions leurs sensations sont d’avant » |
Tosca id. « … può star di paro all’ardente occhio tuo nero? È qui che l’esser … » |
qu’est--ce-[dec] que le [dec] cinéma [rouge] |
| 8’42 |
Noir |
Tosca id. « mio s’affisa intero… » roulement de tambour et bruits de guerre |
Id. |
|
| 8’44 |
Photographie de corps morts alignés à même la terre et mouvement de caméra qui montre l’étendue des corps – des femmes voilées (en noir et blanc) qui prient à côté de corps morts |
Bruits de guerre – « Quelle horreur, quelle horreur ; quel horreur… » (voix de Jean Cocteau, dans Le Testament d’Orphée (Cocteau, 1960) |
rien [Blanc/bas/droite] |
|
| 8’58 |
Noir |
cloche mortuaire |
rien |
|
| 9’00 |
Clignotement entre les corbeaux qui s’envolent et une sorte de plan voilé qui laisse transparaître l’image, Les Oiseaux (Hitchcock, 1963) pui clignotement avec un avion qui se confond avec les corbeaux suivi d’un mouvement de chute |
|||
| 9’05 |
Noir |
Cloche mortuaire |
que veut-il |
|
| 9’08 |
Les oiseaux qui fondent sur les enfants sortant de l’école en courant, Hitchcock id. en surimpression avec l’avion de guerre |
Scènes d’enfant, n ° 3, « Colin Maillard » (Schumann, op. 15, 1838) |
||
| 9’11 |
Noir |
Id. « Colin Maillard » – cloche mortuaire |
tout tout tout |
|
| 9’16 |
Les Oiseaux, id. changemet d’angle, derrière les enfants clignotemen, alternance : un avion qui vient par au-dessus et par derrière |
« Colin Maillard » id. |
||
| 9’24 |
Noir |
Id. |
que peut-il |
|
| 9’28 |
Noir |
Id. et cloche mortuaire + bruit aigu et cristallin |
quel que [superposés] chose [bleu] |
|
| 9’31 |
Plan fixe d’une femme qui chante (image saccadée) dans Napoléon (Gance, 1927) [plan long] / noir |
« Colin Maillard » suspendu,. son cristallin et flûte et arrivée des tambours |
Id. id. [blanc] id. [rouge] |
|
| 9’58 |
JLG pose ses mains sur un livre, De la certitude (Ludwig Wittgenstein, 1951), puis le retire, en dessous un autre livre de la Pléiade ; sur un bureau, clés et marqueurs à côté, JLG/JLG (JLG, 1995) |
Scènes d’enfant, n ° 3, « Curieuse histoire » + tambours id. |
de l’absolu [bas/gauche] |
|
| 10’18 |
Iris au centre détail (visage) de Judith et Holopherne (Goya, 1820-23) / noir |
« Curieuse histoire » id. |
des ténèbres [bas/gauche] |
|
| 10’27 |
Berthe Morisot (qui deviendra la belle-sœur de Manet) dans Le Balcon (Manet, 1868) |
Id. |
Je sais à quoi tu penses |
|
| 10’40 |
Nana (Manet, 1876-77) |
Id. |
Id. |
|
| 10’52 |
La Prune (Manet, 1877) [plan long) |
Id. – puis silence |
Id. |
|
| 11’06 |
Noir |
Scènes d’enfant, n ° 13, « Le poète parle » |
c’était du cinéma muet / en compagnie de ma demoiselle Clara Haskil [JLG rectifie peu après] |
|
| 11’15 |
Alternance du Cd « fautif » et au centre une photographie de Martha Argerich |
j’étais seul |
Id. |
erreur : [rouge/haut/gauche] Martha Argerich [rouge/bas/gauche] |
| 11’21 |
Noir |
perdu, comme on dit dans mes pensées |
1 pensée |
|
| 11’22 |
JLG dans la pénombre avec cigare dans sa salle de montage |
j’avais un livre à la main Manet, par Georges Bataille [1955] toutes les femmes de Manet ont l’air de dire je sais à quoi tu penses sans doute parce que jusqu’à ce peintre et je le savais par Malraux |
Id. [un temps] |
|
| 11’36 |
Fondu enchaîné et reste une surimpression : un visage de femme, une étude (vers 1508) pour la sainte Anne de La Vierge et l’Enfant Jésus avec sainte Anne (Vinci) |
la réalité intérieure restait plus subtile que le cosmos |
||
| 11’43 |
Détail visage, La Jeune fille à la perle (ou au turban, Vermeer, 1665-1666) |
les célèbres et pâles sourires de Vinci et de Vermeer disent d’abord moi moi et le monde ensuite |
||
| 11’51 |
Fondu enchaîné : La femme à l’écharpe rose (Corot) |
et même la femme à l’écharpe rose de Corot ne pense pas |
||
| 11’54 |
Noir |
ce que pense l’Olympia |
je sais à quoi tu penses |
|
| 11’57 |
Détail de L’Olympia (Manet, 1863) |
ce que pense |
||
| 11’59 |
Portrait de Berthe Morisot (Manet, 1872) |
Berthe Morisot ce que pense la barmaid des Folies-Bergère |
||
| 12’04 |
Le visage de la barmaid du Bar aux Folies-Bergère (Manet, 1881-1882) |
parce que le monde enfin le monde intérieur a rejoint le cosmos |
||
| 12’09 |
Noir |
et qu’avec Edouard Manet commence |
||
| 12’12 |
La barmaid id. |
la peinture moderne c’est-à-dire le cinématographe c’est-à-dire |
||
| 12’17 |
Noir |
des formes qui cheminent vers la parole |
||
| 12’20 |
La barmaid id. |
très exactement une forme qui pense [pause] que le cinéma soit d’abord fait pour penser on l’oubliera tout de suite |
Musique grave |
|
| 12’31 |
Noir |
mais c’est une autre histoire la flamme s’éteindra définitivement à Auschwitz |
Id. |
|
| 12’39 |
Fifre (Manet, 1866) |
et cette pensée vaut bien un fifrelin |
Id. |
|
| 12’42 |
Noir |
Id. – cloche mortuaire |
1+2 pensée |
|
| 12’44 |
JLG salle de montage id. |
oui, j’étais seul perdu, comme on dit dans mes pensées |
||
| 12’48 |
Fondu enchaîné et surimpression maintenue : photographie de Zola avec son appareil photo |
cloche mortuaire |
||
| 12’52 |
JLG en surimpression avec ce texte : « Nana — rognes tolérées, ce ferment d – peuple, venait de lui remp- ourri. – La chambre était vide. Un – onta du boulevard et gonfla le r – « à Berlin à Berlin (notte22) » |
arrive Emile Zola et son éternel appareil photo il a terminé Nana par ses mots à Berlin, à Berlin |
||
| 12’57 |
Surimpression : JLG et Nana/Hessling allongée avec une main qui entre dans le champ et verse des pièces (Renoir, 1926) |
alors, arrive Catherine Hessling et quarante ans et deux guerres après Zola comme par hasard elle prend le train pour Berlin |
||
| 13’07 |
Surimpression : JLG et photographie d’une rue et d’un cinéma (Continental) avec le logo « UFA » (en bas, angle droit) des militaires barrent la rue |
C’est la première coproduction avec l’UFA la dernière sera Quai des brumes |
Bsf Quai des brumes (Carné, 1938) : « Gabin : « … ce que tu dis ça tient en trois mots moi je trouverais ça idiot mais… » musique du film (Maurice Jaubert) |
|
| 13’11 |
JLG id. salle de montage |
mais Gœbbels fera tout foirer à ses yeux Michèle Morgan n’ pas de beaux yeux |
||
| 13’17 |
gros plan de Michèle Morgan, Quai des brumes (Carné, 1938) |
|||
| 13’19 |
Noir |
Musique bsf Carné id. Gabin : « t’as d’beaux yeux tu sais » |
au biseau des baisers |
|
| 13’22 |
Morgan id. |
Musique bsf id. Morgan : « embrasse moi » |
||
| 13’27 |
Noir |
les ans passent trop vite [« Elsa je t’aime », Le Crève-Cœur (1941), Aragon ; la citation est déjà dans A bout de souffle] |
||
| 13’28 |
Morgan en plan plus large (on aperçoit Gabin), il l’embrasse |
Musique grave, id. (quoi ?) – cloche mortuaire |
||
| 13’32 |
Photographie sombre (iris noir) de Goebbels (suscitant immédiatement l’horreur) faisant un discours |
Id. |
||
| 13’33 |
Un plan sur l’homme qui tire de la voiture et Jean qui meurt avec deux angles, Cané id. ; le dernier en plongée puis tout de suite après la même photographie de Goebbels au centre d’une croix gammée rouge (iris noir autour) |
Id. +Coups de feu bsf |
||
| 13’36 |
Jean qui tombe à terre / photographie id. / chute de Jean / noir |
Id. +Bruit de voiture bsf – cri bsf |
évite évite évite [jaune/bas/gauche] |
|
| 13’40 |
Morgan devant Jean |
Id. + bsf Morgan : « Jean ! Jean ! » [cloche] |
||
| 13’45 |
Noir |
Gabin : « embrasse moi [x2] vite on est pressé [cloche] vite on est pressé |
les souvenirs brisés [Aragon, id.] [jaune/bas/gauche] |
|
| 13’54 |
Scène de résistance, on retient une femme qui appelle, coups de feu, Païsa, (Rossellini, 1946) |
Bsf Rossellini : « Massimo no ! », coups de feu, dialogues, musique du film |
Id. [un temps] |
|
| 13’57 |
Noir |
je dépose enfin l’orgueil et la romance » |
||
| 13’59 |
Un homme en arme sort d’une maison et tombe sous les yeux d’une femme (gros plan), fuite, rue en profondeur de champ, Rossellini id. |
Bsf Rossellini : « My god » |
erreur l’orgueil [sur le gros plan de la femme de Païsa] [vert] |
|
| 14’03 |
Noir |
la phrase mécanique recommence |
||
| 14’06 |
La femme et un autre résistant le tirent vers l’intérieur, Rossellini id. |
Addije, addije amore, chant italien recueilli par Giovanna Marini et M. T. Bulciolu, 1965 :] « Addije, addije |
||
| 14’17 |
Noir |
amore |
sur ma lèvre traîne un air idiot [bleu] |
|
| 14’23 |
Noir |
oui, hélas ! j’étais seul aussi |
casch’e se coje. |
trop entendu grâce à la radio [librement d’après « Vingt ans après », Le Crève-Cœur (1941), Aragon ] |
| 14’30 |
JLG id. |
à penser qu’ils étaient plusieurs encore dans ce train de mille neuf cent quarante-deux un an avant la libération de Paris |
la liva e casch’ a l’albere li foje. |
seul le [superposés] cinéma |
| 14’38 |
Noir |
Albert, Danielle, Junie, Suzy, Viviane |
fin d’addije amore |
erreur |
| 14’40 |
Noir |
alors qu’allait tomber le maquis des Glières |
Id. |
deux ans avant |
| 14’43 |
JLG id. |
malgré l’appui que la plus jeune des Dames du bois de Boulogne lui apporta dans un murmure |
Silence puis Bella ciao |
avant la libération de Paris [vert] |
| 14’48 |
Noir |
Id. : O bella ciao, bella ciao… Bsf Bresson : « Jean : accroche-toi à la vie… |
Id. |
|
| 14’50 |
Surimpression : plan fixe d’hommes avec une arme sur pied et champ-contrechamp Agnès et Jean des Dames du bois de Boulogne (Bresson, 1945) et alternance avec scène de résistance : groupe dans la rue, tank à croix de Lorraine, roulant ou entouré par des résistants (archives) |
Jean id. : de toutes tes forces je t’aime tu ne peux pas me quitter tu ne peux pas partir accroche-toi à la vie fais un effort lutte » - Agnès : « je lutte » Id. – cloche [simultanément on entend Bella ciao - jusqu’au silence soudain qui précède le « je lutte » d’Agnès :] Una matina, mi son svegliato, E ho trovato l’invasor. Oh partigiano, porta mi via, O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao ! |
||
| 15’08 |
Noir / Surimpression : photographie de Pétain parlant de son bureau, visages d’A. Préjean (L’Alibi, Chenal, 1937), et de Junie Astor (Deuxième bureau contre Kommandantur, René Jayet, 1939) / |
Résonance cloche « Vous souffrez et vous souffrirez longtemps encore car nous n’avons pas fini de payer toutes nos fautes » [Pétain, message du 17 juin 1941] Des hommes qui chantent la Marseillaise « …Formez vos bataillons » |
le passé n’est jamais mort [bleu] / il n’est même pas passé[blanc, puis bleu] [Faulkner, Requiem pour une nonne, 1951] |
|
| 15’20 |
Noir |
« Marchons, marchons, Qu’un sang impur… » |
même pas passé [rouge] |
|
| 15’27 |
Noir / Des miliciens en arme sortent d’une maison (archives ?) /Plan fixe de V. Romance dans La Vénus aveugle (Gance, 1940, film dédié au Maréchal Pétain) |
[Actualités du 27 Mars 1942 intitulées « En route pour l’Allemagne », le départ, pour Vienne, d’acteurs français – Albert Préjean, Danielle Darrieux, Suzy Delair, Junie Astor et Viviane Romance :] [Les actualités sont entendues avec le passage le plus grandiloquent et martial des Préludes de Liszt (troisième « poème symphonique », 1853 :] « Sous le signe de l’art, des vedettes de l’écran s’apprêtent à partir pour l’Allemagne |
Id. [sur le plan des miliciens] la Vénus aveugle |
|
| 15’34 |
Fondu enchaîné plan fixe du visage de Darrieux, Quelle drôle de gosse (Léo Joannon, 1935-37) |
[Liszt id. et actualités suite :] « à la gare de l’Est on peut reconnaître Albert Préjean, Danièle Darrieux |
drôle de gosse |
|
| 15’40 |
Plan fixe de Suzy Delair dans Quai des orfèvres (Clouzot, 1952) |
[Liszt id. et actualités suite :] « Suzy Delair, Junie Astor |
son petit tralala |
|
| 15’48 |
Noir |
[Id. Liszt et suite actualités :] « …Viviane Romance. Répondant à l’invitation du Dr Karl Fröhlich… » |
le salaire de la peur [bleu] [Clouzot, 1952] |
|
| 15’53 |
Les « artistes » à la fenêtre du train – fumée et départ d’un train – |
[« président de la corporation du cinéma allemand, [sifflet du chef de gare et sifflement de train] ces artistes seront pendant douze jours les hôtes de leurs camarades des studios de Vienne, de Munich et de Berlin » |
||
| 16’02 |
Les « au revoir » de Préjean, etc. aux fenêtres du train |
hélas oui, hélas j’étais seul aussi |
Début piano, Ritual Prayer (Dark intervals, Keith Jarrett, 1988) |
|
| 16’05 |
Noir |
à penser qu’ils étaient plusieurs encore |
Id. |
dans le train d’après il y avait |
| 16’08 |
Noir |
dans ce train de mille neuf cent quarante-deux |
Id. |
cette conne d’Irène [jaune] [Irène Némirovsky, écrivain dont Le Bal, 1930, avait été adapté pour le cinéma avec D. Darrieux. En juillet 1942, elle est arrêtée devant ses enfants par les gendarmes français, envoyée à Pithiviers, puis à Auschwitz] |
| 16’04 |
Photographie d’Iréne Némirovsky (en provenance d’un magazine probablement ; en haut en petits caractères : « Irène 1903-1942 juive russe écrivain français l’exil l’écriture la gloire la déportation » puis iris fragment de texte : « rencontrés parisiens. J’ai eu – rencontrant dans un – Danièle Darrieux – d’autres artistes : je l’ – id.e, pendant le tournage de – de mon livre, Le Bal » |
Id. |
Id. [int] |
|
| 16’20 |
Noir / train dans paysage au crépuscule, Murnau, vue avec train et château (Kandinsky, 1909) en surimpression avec un train plus moderne allant dans l’autre vitesse avec un flou de vitesse mais au ralenti |
et… probablement que |
Id. |
son train partait / pour Ausch witz [sur noir] |
| 16’33 |
Noir – Binoche en contre-jour, Alain Cuny passant au fond de l’autre côté de la fenêtre |
Superposition J. Binoche dit un texte d’Emily Brontë [Self-interrogation, 1842-43 :] « Le soir passe… c’est presque l’heure… » [JLG :] Je suis seul et… probablement que je suis encore seul pour imaginer que l’un des visiteurs de ces tristes soirs de quarante-deux |
Id. |
|
| 16’48 |
Gilles/Cuny penché au dessus d’Anne/M. Déa allongée dans l’herbe, Les Visiteurs du soir (Carné, 1942) iris / surimpression Alain Cuny dans le jardin un demi-siècle plus tard mouvement arrière et disparition de Cuny en fondu |
[suite superposition JLG :] que Gilles non, pas celui de Drieu rend visite à Dominique et demande alors, on le prend ou pas ce train de quarante-deux et que leur cœur battait, battait, battait [Superposition, J. Binoche :] « quelles pensées te laissent le jour évanoui quelles impressions en ton sein le jour évanoui hélas un sentiment de travail à peine accompli de faibles gains acquis à frais immenses un sentiment de chagrin seulement le temps est là devant la porte de la mort qui le rabroue avec rudesse |
Id. silence à partir de « de faibles gains » |
erreur [noir/bas/gauche] / Anne |
| 17’17 |
Fondu enchaîné maison Binoche / Cuny, Binoche id. (en contre-jour), Cuny s’approche de l’autre côté de la fenêtre, |
au moment même où la conscience intarissable m’accable de sanglants reproches je crois que la conscience ment et que le temps devrait condamner le destin |
||
| 17’31 |
Zoom avant sur Cuny qui enlève sa casquette |
Hymn (Dark intervals, Keith Jarrett, 1988) |
||
| 17’38 |
Fondu enchaîné : Gilles enchaîné, Anne en face de lui, enchaînée aussi, l’ombre d’une croix sur le mur |
mais le timide repentir m’embue les yeux j’ai heureux allant qui me laisse le don de trouver le repos d’échapper à la mer houleuse et des cruelles peines pour les ancrer toutes dans la paisible éternité personne n’a regret de te voir t’en aller nulle voix ne sanglote adieu |
[Discours de Clémenti, cf. 1a, 32’07 :] « Ce n’est pas le peuple français, c’est la bande de salauds, de juifs, et de capitalistes qui nous dirigeaient ». Bruit de foule. Keith Jarrett id. et bruit de coups frappés à la porte |
|
| 18’01 |
Fondu enchaîné gros plan Cuny frappant à la fenêtre / noir |
autant souffrit ton cœur - |
Jarrett id. + coups |
|
| 18’06 |
Maison Cuny / Binoche id.., il s’en va, disparaît dans les arbres ; J. Binoche sort, il revient et s’asseoit auprés d’elle, zoom avant jusqu’au gros plan sur Binoche, clignotement rapide d’un détail bleu / blanc / rouge du Nu couché bleu (de Staël, 1955 ; sa dernière année) |
comment peux-tu toujours avoir le désir de rester ah, sache que les liens sont sans nombre et puissants qui nous unissent à l’argile la méprise d’amour s’attarde longuement ne peut se résoudre à partir » [Cuny :] Eh bien ma chère Marie ce train est-ce qu’on le prend ou est-ce qu’on ne le prend pas [J. Binoche :] « le repos est doux quand la gloire laurée couronne le signet martial mais un brave… » [Interruption sur le clignotement et sur le début du dicours de de Gaulle ; J. Binoche, suite :] « une fois ternie sa renommée préfère le repos au combat » |
[superposition, Discours de de Gaulle à l’Hôtel de ville le 25 août 1944 :] « … il y a là des minutes, nous le sentons tous, qui dépassent chacune qui dépassent… » |
Alain Cuny Marie Déa [noir/bas/droite] |
| 18’55 |
Noir / Surimpression et clignotement rapide : de Staël id. et dessin d’un homme en ombre chinoise (faisant un discours ?) |
[De Gaulle id. :] « chacune de nos pauvres vies, Paris, Paris, outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré » [une musique militaire est introduite avant qu’il ne prononce : « Paris libéré »] |
||
| 19’10 |
Photographie de JLG enfant, JLG/JLG (Godard 1995) |
oui, j’étais seul, ce soir avec mes rêves encore cinquante ans et on fête la libération de Paris |
Les cloches de Notre Dame ? |
1944 [rouge/ 9 [bleu]4[rouge] / 1994 1994 [bleu/blanc/rouge] |
| 19’23 |
Noir / cérémonie du cinquantenaire, drapeau français en gros plan devant militaires (anciens combattants) |
c’est-à-dire que la télévision puisque tout pouvoir est devenu spectacle |
Bsf de La Grande illusion, Maréchal : « Arrêtez, arrêtez ! » |
son grand tralala |
| 19’27 |
Maréchal/Gabin surgissant sur la scène devant les « girls » demande d’arrêter le spectacle, La Grande illusion (Renoir, 1937) |
organise un grand spectacle mais on ne décore même pas Guy Debord |
« Arrêtez les copains ! » On n’entendra pas ici La Marseillaise qui suit l’annonce de la reprise de Douaumont, mais on revient – pour l’oreille – au spectacle avec la chanson de Carette : « Si tu veux … » |
|
| 19’31 |
Noir |
« faire mon bonheur… » |
la douleur [Duras, 1985] |
|
| 19’32 |
Images d’archives floues en noir et blanc : des hommes en uniforme tirant sur des civils, mouvements de caméra incessants sur des corps à terre |
et puisque le cinéma français ne s’est jamais libéré des allemands ni des américains |
« Marguerite, Marguerite, [cri aigu] si tu veux faire mon bonheur… » |
faut frapper, que c’est vrai que c’est juste |
| 19’38 |
Photographie de Duras jeune, iris au centre couverture : La Douleur (1985) |
il n’y aura personne pour filmer le preux et doux Claude Roy qui s’empare du CNC |
« Marguerite, donne-moi ton cœur » Enchaîne directement sur Suzy Delair et Son petit tralala : « Avec son… » |
|
| 19’42 |
Noir |
cette citadelle construite par Vichy |
« tralala, son petit tralala Ell’ faisait tourner toutes les têtes » |
son petit tralala |
| 19’49 |
Archives de la libération de Paris, une jeune femme embrasse un soldat américain sur un tank |
et les vagues reconstituées par les caméras japonaises |
« D’un coup de tralala, elle faisait tralala » |
44 [lettres pleines] |
| 19’51 |
Noir |
oublieront une fois de plus d’enterrer les morts |
« Et chacun rêvait d’être dans ses bras » |
le petit soldat [JLG, 1960] |
| 19’56 |
Iris photographie de Louis Aragon à droite puis clignotement texte à gauche : « voulez-vous un peu vous asseoir – O phrases disproportionnées – Ils parlent de ce – Autre refrain Nouveau – leur amours certes – Ils ont les drames qui – Moi j’écoute un pas sur la route » [Aragon, Le Nouveau crève-cœur, 1948 ; ce texte est daté d’août 1946] |
comme l’avait fait le poète |
Automne 3 dans Scardanelli-Zyklus (Heinz Holliger, sur des textes de Hölderlin, 1975-1991), [radio :] « Ainsi s’achève… » [Anna Karina dans Pierrot le fou, JLG, 1965 :] « C’est terrible ce que c’est anonyme. Belmondo : Quoi ? |
la caméra c’est l’écran |
| 20’09 |
Noir |
[Karina : ] « On dit cent quinze maquisards, et ça n’évoque rien » |
la caméra c’est l’écran |
|
| 20’12 |
Pierrot / Ferdinand la cigarette au bec dans la voiture plan long, défilement des lumières sur son visage, Pierrot le fou (JLG, 1965) |
[Bruits in et Karina suite :] « Alors que pourtant chacun c’est des hommes, mais on sait pas qui c’est, s’ils aiment une femme s’ils ont des enfants, s’ils aiment mieux aller au cinéma qu’au théâtre, on sait rien » |
Id. |
|
| 20’25 |
Id. . |
que la poésie soit d’abord résistance Ossip Mandelstam évidemment le savait mais il est d’usage d’ignorer les russes aujourd’hui tout ça pour dire qu’est-ce qui fait qu’en quarante, quarante-cinq il n’y a pas eu de cinéma de résistance ? Non qu’il n’y a pas de films de résistance à droite, à gauche, ici et là |
on dit juste cent quinze tués – Holliger id. |
|
| 20’43 |
Noir |
mais le seul film au sens de cinéma |
Holliger id. |
|
| 20’46 |
Cavaliers à cheval au galop, l’un tire en même temps La Prisonnière du désert / The Searchers (Ford, 1956) |
qui a résisté à l’occupation du cinéma par l’Amérique à une certaine manière |
Id. |
|
| 20’51 |
Noir |
uniforme de faire du cinéma, |
Id. |
|
| 20’53 |
La chute d’Anna Magnani dans Rome, ville ouverte (Rossellini, 1945) |
ce fut un film italien |
Id. |
|
| 20’55 |
Noir |
ce n’est pas par hasard l’Italie a été le pays qui s’est le moins battu |
Id. |
|
| 20’59 |
Chute vers le bas de la tête du résistant torturé puis la femme traître qui rit puis crie en voyant son fiancé mort après la torture (Rossellini, id.) |
qui a le plus souffert mais qui a trahi deux fois et qui a donc souffert de ne plus avoir d’identité et s’il l’a retrouvée avec Rome, ville ouverte c’est que le film était fait par des gens sans uniforme c’est la seule fois les russes ont fait des films de martyres |
Id. |
|
| 21’14 |
Noir |
les américains ont fait des films de publicité |
Id. |
la monnaie de [superposés] l’absolu |
| 21’17 |
Noir |
les anglais ont fait ce qu’ils font toujours dans le cinéma rien |
Id. |
|
| 21’22 |
Maria/B. Helm avec une bougie, se retournant, Métropolis (Lang, 1927) |
l’Allemagne n’avait pas de cinéma |
Id. |
|
| 21’24 |
Noir |
plus de cinéma |
Id. |
|
| 21’26 |
Noir |
et les français ont fait Sylvie et le fantôme [Autant-Lara, 1945] |
Id. |
la réponse des [superposés] ténèbres |
| 21’32 |
Noir / Femme devant barbelés au ralenti, Pasazerka / La Passagère (Andrzej Munk, 1963) |
les polonais ont fait deux films d’expiation La Passagère et La Dernière étape [Wanda Jakubowska, 1948] |
Id. |
|
| 21’38 |
Noir |
et un film de souvenirs, Kanal [Ils aimaient la vie , Wajda, 1956] et puis ils ont fini par accueillir Spielberg |
Id. |
(s) histoire du [superposés] cinéma |
| 21’43 |
Archive : prisonniers des camps au ralenti |
lorsque, plus jamais ça est devenu |
Id. |
|
| 21’46 |
Une femme prise par derrière par un chien |
c’est toujours ça |
Id. |
|
| 21’48 |
Noir |
tandis qu’avec Rome, ville ouverte l’Italie a simplement reconquis le droit |
Id. |
voyage en Italie [Rossellini, 1953] |
| 21’52 |
Ingrid Bergman grimpant le volcan ; elle atteint le sommet puis gros plan de son visage qu’elle prend dans ses mains, Stromboli, terra di dio (Rossellini, 1950) |
pour une nation de se regarder en face et alors est venue l’étonnante moisson du grand cinéma italien mais il y a une chose étrange cependant comment le cinéma italien a-t-il pu devenir si grand puisque tous de Rossellini à Visconti d’Antonioni à Fellini |
Id. |
|
| 22’09 |
Noir |
n’enregistraient pas le son avec les images |
||
| 22’13 |
Noir |
une seule réponse la langue d’Ovide et Virgile |
[La nostra lingua italiana, Cocciante et Chiocchio, 1983 :] |
nam fit ut in somnis facere [vert] |
| 22’15 |
Noir |
de Dante et de Leopardi était passée dans les images |
Id. Lingua di marmo antico di una cattedrale |
hoc uiddeatur imago [vert] / quippe ubi prima perit alioque est / altera nata inde statu prior hic / gestum mutasse uidetur [Lucrèce, De la nature des choses, livre IV, 770-772, Ier s. av. J.-C. : « ce sont en effet là des gestes que le sommeil prête aux apparitions. Car à peine une image s’est-elle évanouie qu’une autre est déjà née dans une autre attitude, mais semble n’être que la première avec un geste modifié. »] |
| 22’34 |
Femme embrassant la main d’un faux curé (Augusto), il retire sa main, champ-contrechamp, Il Bidone, (Fellini, 1955) |
Id. : Lingua di spada e pianto di doloreLingua che chiama |
||
| 22’40 |
Noir |
Id. : da una torre al mare Lingua di mare che porta nuovi volti Lingua di monti esposta |
oh potenza di dio quant e severa / che cotai colpi per vendetta croscia [Dante, Divine comédie, Inferno, 1307 : « Oh ! que sévère est la justice de Dieu, dont la vengeance frappe de tels coups », chant XXIV, 119-120] |
|
| 22’46 |
Deux personnes portant des tas de branches sur leur dos et les enfants derrière puis plan sur Augusto/B. Crawford à terre dans Il Bidone |
Id. : a tutti i venti Che parla di neve bianca agli aranceti Lingua serena, dolce, |
||
| 22’54 |
Noir |
Id. : ospitale |
||
| 22’55 |
Jeune fille qui pleure dans la rue et se fait bousculer par les passants, Umberto D (De Sica, 1951) |
Id. : La nostra lingua italiana |
||
| 23’03 |
Noir / Les deux sœurs en champ-contrechamp, celle qui rêve de luxe qui semble en colère et celle qui ressemble à une madone qui parle calmement, La Terre tremble (Visconti, 1948) |
Id. : Lingua di lavoro e lingua per onore Nei mercati stoffe, gioielli e ori Lingua di barche e serenate a mare Lingua di sguardi e sorrisi da lontano Lingua ordinata da un uomo di Firenze |
||
| 23’19 |
Noir / homme de dos avec gants blancs qui marche dans une salle de bal, Le Guépard (Visconti, 1963) |
Id. Che parla del cielo agli architetti Lingua nuova, divina, universale La nostra lingua italiana |
extemplo cum uoce deus cum uoce / deoque somnus abii somnique / fugam lux alma secuta est [jaune] |
|
| 23’32 |
Noir |
Id. |
fugam lux alma secouta est [Les Métamorphoses, Ovide, vers l’an 8, livre XV, 660 : Soudain le dieu disparaît avec la voix ; avec la voix et le dieu le sommeil a disparu, et le jour suit la fuite du sommeil.] |
|
| 23’35 |
Père et enfant sous la pluie ; plusieurs plans, Le Voleur de bicyclette (De Sica, 1948) |
Id. . Ed è per strada mentre lavora tra la gente È l’onda dello stadio, l’urlo della folla È in trattoria mentre |
||
| 23’42 |
Noir |
Id. : mangia e beve allegramente È un sorriso dalle tue labbra di donna |
con poverta volesti anzi virtute [Dante, id., Purgatoire, chant XX, v. 26 : tu voulus posséder, avec pauvreté, vertu.] |
|
| 23’46 |
Le vieil homme qui mendie, la main tendue qui « se retourne de honte » pour vérifier une pluie imaginaire, le regard vers le ciel, le col qu’on remonte comme si l’on avait froid Umberto D (De Sica, 1951) / |
Id. : È la tua voce mentre dicevi mamma È nei bar di chi si perde in un bicchiere Con chi ha sbagliato a |
||
| 24’04 |
Noir / il rentre dans une chambre (porte coincée avec une chaise qui tombe) et voit un couple au lit, referme la porte et appelle |
Id. : piangere o a scherzare E in ogni gesto cercare un po’ d’amore Un po’ d’amore |
qui nimium multis non amo dicit, amat [Ovide, Les Remèdes de l’amour , v. 648 : Celui qui dit à tout le monde : "Je n’aime plus," aime encore.] [vert] |
|
| 24’05 |
Noir |
Id. : Lingua che parla di palazzi e fontane |
Id. |
|
| 24’10 |
Alternance / clignotement rapide Anne Wiazemsky qui avance (effet accéléré) dans un mouvement circulaire, Théorème (Pasolini, 1968) avec scène de danse la femme au centre se mélange avec celle de Pasolini dans la surimpression |
Id. : Lingua d’osteria tra vino e puttane Lingua di grazia nelle corti e nell’amore Lingua d’amore che è bella da sentire Lingua che canta lungo l’Arno al mare Fino alla sabbia del continente |
||
| 24’24 |
Surimpression: au centre, une femme (Ingrid Bergman) qui rit au éclats (ralenti) et à droite la femme apeurée du Désert rouge (Antonioni, 1964) |
Id. : americano Lingua ideale, |
||
| 24’25 |
Noir / Femme (Sylvana Mangano) dans les rizières, Riz amer (De Santis, 1948) en surimpression avec un baiser (à droite), Zabriskie point (Antonioni, 1970) / noir / femmes qui marchent au bord d’une rizière, De Santis id. ? |
Id. : generosa, sensuale La nostra lingua italiana |
||
| 24’43 |
Noir / iris blanc groupe coloré au centre qui montre quelque chose en l’air, Amarcord (Fellini, 1974) |
Id. : È un aeroplano che vola sull’Atlantico tranquillo Sulla rotta polare o quella delle Antille Una rosa rossa |
||
| 24’53 |
Noir / Alternance / clignotement entre femme élégante qui semble regarder en face d’elle en souriant ; comme une parade, Senso (Visconti, 1954), et Antonny Quinn et Giulietta Masina en clowns, La Strada (Fellini, 1954) |
Id. : color del sangue Spina di una rosa, ti punge e sei suo amante È una donna snella che vince nella moda |
||
| 25’01 |
Noir / Ingrid Bergman dans la scène de la pèche au thon, éclaboussée ; et plans sur les poissons qui se débattent, Stromboli id. |
Id. : E guida un’auto rossa, prestigio della strada Poi si sposa con la luce e come un faro Proietta al mondo il grande cinema italiano |
||
| 25’09 |
Les garibaldiens au sommet d’une montagne et courent (ralenti), Viva l’Italia (Rossellini, 1960) |
Id. : Il grande cinema italiano |
viva l’Italia [Rossellini, 1960] |
|
| 25’15 |
Les moines, pieds nus sous la pluie, marchant sur un chemin avec saint François, Onze Fioretti de François d’assise (Rossellini, 1950) |
Id. : Lingua dell’opera, lingua del bel canto |
||
| 25’19 |
Une vieille femme sur la scène en contre-plongée (ralenti) avec un paon au centre, Senso id. |
Id. : Che canta coi violini e gioca col suo accento Lingua dello spazio e termini in inglese Della scissione a freddo e formule in francese |
||
| 25’28 |
Noir / photographie de Rossellini / noir |
Id. : Lingua di pace, lingua di cultura Dell’avanguardia internazionale La lingua mia, la tua |
les choses sont là / pour quoi les mani puler [Rossellini, 1959] [jaune] |
|
| 25’37 |
Noir |
Id. : La nostra lingua |
une pensée [gris] |
|
| 25’41 |
Photographie de Pasolini avec des lunettes noires / noir |
italiana |
Id. [gris] / qui forme |
|
| 25’50 |
Visage, La Légende la vraie croix (Piero della Francesca, 1454-64) / noir |
La lingua mia, la tua La nostra lingua italiana |
une forme / qui pense |
|
| 26’04 |
Dessin étrange homme ou/et femme / noir |
production gaumont périphéria [bas/gauche] fémis cnc [bas droite] |
||
| 26’09 |
Iris noir au centre le corbeau de Uccellacci e Uccellini (Pasolini, 1966) |
à suivre |