0’00

Noir

 

Silence

Pour

Armand J.

Cauliez

[en jaune]

[un des fondateurs de la Fédération française des cinés-clubs et directeur-gérant de la revue Ciné-club paraissant de 1947 à 1954]

0’05

Noir

 

Id.

et pour

  Santiago

Alvarez

[cinéaste cubain] [en vert]

0’11

Noir

 

Id.

gaumont

périphéria

présentent

[en gris]

0’16

Noir /  la main de JLG écrivant au marqueur sur un carton Périphéria : « Histoire(s) du cinéma » qu’il soulignera à la règle à calcul à la fin en alternance et fondu enchaîné avec : 1 (c’est la première image du chapitre) : deux mains noires recroquevillées autour d’un œil ; 2 : photographie d’une femme regardant à la loupe ; 3 : photographie de deux palestiniennes dont l’une vise avec une mitraillette, un tissu blanc cache l’œil gauche sous ses lunettes ; 4 : un plan en noir et blanc (un œil) ; 5 : photographie d’un palestinien tirant à la fronde le visage couvert d’un keffié rouge et blanc ne laisse apparaître qu’une miniscule fente pour les yeux ;6 : jeune fille regardant dans un microscope

 

Suite pour piano de Scelsi n° 10, « Ka »,  VII (1954)

+ bruit exagéré du marqueur de JLG

 

0’50

clignotement : carton Périphéria avec le titre du film puis JLG glisse un autre carton avec l’en-tête de Sonimage sur lequel il inscrit « 2 A seul le cinéma »,  alternance et fondu enchaîné avec 1 : un dessin de cyclope ; 2 : M. Lestinguois avec une longue vue à sa fenêtre (Boudu sauvé des eaux, Renoir, 1932) ; 3 :  la scène dite de la « lorgnette », Christine/Nora Gregor regardant à la lorgnette, La Règle du jeu (Renoir, 1939) avec surimpression Renoir en arrière plan ;

 

Id.

 

1’14

4 : un homme et une moissonneuse en surimpression avec un œil très clair qui remplit tout l’écran, Odinnadtsayti (Vertov, 1928)

 

Début (indiqué langsam) de la Musique funèbre pour alto et cordes (Hindemith, 1936 ; id. 1b 21’48 )

 

01’23

Noir

[JLG :] tu dis dix secondes

Id.

faire [jaune]

1’28

Photographie de JLG en noir et blanc avec un très beau reflet dans ses lunettes (plan très long) puis très très lent fondu enchaîné (au caractère mélancolique très marqué) avec une autre photographie de JLG sépia avec écharpe, cigarette et volutes sur le fond d’une musique toujours « funèbre »

[JLG :] quand tu veux

Id.

faire une

description

précise

              [en caractères blancs, sur photo 1]

de ce qui n’a

jamais eu lieu

est le travail

de l’historien

                [sur photo 2]

[Le Critique comme artiste [Oscar Wilde, 1890 ; Wilde écrit : « Notre seul devoir envers l’histoire est de la réécrire »]

1’59

Noir

 

Id.

le

travail

de

l’histo

rien

[caractères superposés]

2’03

Une main tenant un Oscar, lent fondu enchaîné : jeune homme portant sa main au front regardant au loin comme aveuglé par le soleil, Autoportrait (Joshua Reynolds, 1) / noir

 

Id. très doux et lent

oscar

[plan 1]

oscar

wilde

[plan2]

2’25

Entretien avec Daney en cinémascope en 1988, JLG décadré, Daney au second plan, centre, un micro (en haut), bureau / papiers, stylos, cigarettes, à  droite lampe et fenêtre ; en haut à gauche un écran de télévision coupé

quand tu veux  [répétition par écho]

 [Daney, répétition par écho :]

histoires du cinéma et de la télévision

histoires au pluriel

et cinéma et télévision

ça c’est ton projet

il y a évidemment plein de raisons

(sur lesquelles on va pouvoir revenir – les parenthèses de l’entretien reprennent les propos non repris par le livre « bleu »)

Id.

seul

le

cinéma

[superposés]

2’47

Insert : photographie de Georges Méliès, qui transperce son adversaire de manière très élégante, Escamotage d’une dame au théâtre Robert Houdin (le duel), 1896

+ Entretien :

qui font que c’est toi qui devais la faire, cette histoire
mais avant de venir à ça, ce qui me frappe
c’est que ça ne pouvait venir
que de quelqu’un de cette génération-là
celle de la Nouvelle Vague

   

2’57

Entretien : ils fument tous les deux, JLG, le cigare et à chaque fois qu’il tend le bras pour atteindre le cendrier ou pour prendre sa tasse, il longe le mot « beauté », la bande noire et laisse à peine apparaître le visage de Daney

[JLG répétition par écho :]

Histoires avec un s

[Daney, répétition par écho :]

c’est ça
maintenant il y a beaucoup de façons
de raconter beaucoup d’histoires
la Nouvelle Vague c’est peut-être la seule génération
qui a commencé à faire du cinéma
dans les années cinquante, soixante
qui s’est trouvée à la fois au milieu du siècle
et peut-être du cinéma

c’est-à-dire que vous avez eu un privilège extraordinaire…

[interrompu par JLG :]je suis content que tu dises cinquante, soixante parce que…

[interrompu par Daney :] oui, à cause de courts-métrages

[interrompu par JLG : ]oui

[Daney]… et de la préparation
et puis de la critique aussi

[JLG]…et d’avant en fait c’est quasiment oui cinquante…
[Daney :] 
donc c’est le milieu du siècle
et si on garde l’hypothèse facile

 

fatale [haut]

 beauté [bas]

[en partie sur les bandes noires du cinémascope] [jusqu’à « qui a commencé »]

3’35

Iris,s à gauche une femme en blanc, Paulette Goddard, descendant des escaliers dans un espèce de château et à gauche un homme inquiétant tenant un couteau dans la mains en attendant au pied de l’escalier, Le Mystère de la maison Norman / The Cat and the Canary (Nugent, 1939)

que le cinéma c’est l’affaire du xxe siècle
c’est aussi le milieu du cinéma

   

3’40

Id. entretien

[Daney :] (et vous avez eu ce privilège formidable…)

   

3’42

Enfants devant le pendu (même plan dans 1b, 0’59) Les Contrebandiers de Moonfleet (Lang, 1955) puis entretien

[interrompu par JLG :]

en fait j’crois, pardon, on en reparlera mais… j’dirais
c’est l’affaire du xixe siècle [répétition par écho]:
qui s’est résolue au xxe

il y a toujours un décalage

[en superposition Daney ; répétition par écho :]

c’est çà

ça avait commencé bien avant

c’est le sens du mot histoires au pluriel

et la chance que vous avez eue

c’est d’arriver suffisamment tôt

pour hériter d’une histoire qui était déjà riche

 

      la

monnaie

       de

l’absolu

[Titre du troisième volume de La Psycholohgie de l’art, Malraux, 1950]

4’08

Une femme projetant de la vapeur sur un homme assis, mécontent, une autre femme à droite qui regarde la scène en souriant, Le Sport favori de l’homme (Hawks, 1964) fondu enchaîné avec une photographie de Betty Hutton

et compliquée, et mouvementée

d’avoir vu assez de films

(ou d’avoir pris assez de temps pour voir assez de films donc)

en cinéphile et puis en critique

   

4’15

fondu enchaîné, un cavalier dans une forêt (Les Nibelungen, Lang, 1924)

pour vous faire une idée personnelle

   

4’18

Entretien

de ce qui était important ou moins important

dans cette histoire-là

d’avoir un fil linéaire

même s’il y a des lacunes

on sait que Griffith

ça vient avant Rossellini

ou que Renoir

ça vient avant Visconti

un fil linéaire donc

Temptation (Hermann pour Psycho, 1960)

la

  réponse [superposés]

des

ténèbres

4’34

Mastroianni en dompteur avec son fouet dans Huit et demi (Fellini, 1963)

et le moment précis de votre apparition

dans une histoire

Id.

 

4’38

Escalier à droite, au centre une femme en blanc et derrière elle un homme sombre et barbu, Dracula (Browning, 1931) / Entretien

qui était déjà racontable

qui était encore racontable

   

4’42

Une femme blonde avec un livre au premier plan et une préparation chimique de Jerry Lewis l’air hurluberlu derrière , Dr Jerry et  Mr Love (Lewis, 1962)

et vous avez eu également cette chance d’être euh…

   

4’47

Odette Joyeux devant un fantôme de dos, Sylvie et le fantôme (Autant-Lara, 1945)

[Interrompu par JLG :] (mais enfin qui n’avait jamais) une histoire

qui avait été contée

si on peut dire

   

4’50

Entretien

mais jamais racontée

 

montage

mon

beau

            souci

                    [superposés]

4’55

Entretien

[Daney, répétition par écho :]

c’est ça

mais il y avait encore assez d’éléments

ou suffisamment peu d’éléments encore

assez de lacunes

mais aussi assez de savoir

et assez de passion

pour pouvoir dire grosso modo avant-après

   

5’

Un homme-monstre cherchant à étrangler Sybilla, Eldorado (L’Herbier, 1921)

et savoir qu’on vient à un moment

   

5’8

Un homme et une femme attrapant la tête d’un homme à pleines mains, La Veuve joyeuse (Stroheim, 1925)

qui est avant et après

   

5’10

Un homme horrible attrapant une jeune femme avec d’autres types inquiétants à l’arrière-plan, Les Mystères de New-York (The Exploits of Elaine, Louis J.Gasnier, 1914, avec Pearl White)

on vient avant quelque chose et puis

   

5’12

Leslie Caron avec un chapeau dans une scène de rêve éveillé de Mulligan, Un américain à Paris (Minnelli, 1951)

on vient après quelque chose

   

5’14

Homme barbu sous la jupe blanche, même plan dans 1b, Salo (Pasolini, 1975), lent volet blanc horizontal

le fait d’être au milieu du siècle comme ça

de savoir en gros de quoi vous héritiez

en bien et en mal

   

5’19

Entretien

ce que vous refusiez, ce que vous acceptiez [interrompu par JLG :]

(ça) je crois qu’on a mis beaucoup de temps

cette notion de venir avant ou de venir après,

enfin, moi je l’ai eue très très tard (enfin pardon)

[Daney :

disons peut-être

que quelqu’un comme Truffaut l’avait plus

(enfin) je parle de toute une génération

je parle

Hermann id.

une

         vague

          nouvelle

[superposés]

5’38

Clignotement  et surimpression : un jeune homme dans King Lear (JLG, 1987) [à sa droite, la peinture d’un homme embrassant  une  femme – Le Tango de l’archange, van Dongen, 1930, cf. 1b 18’22 et 38’29] et Liliane et Juliette sautillant et levant les bras sur le bateau (Adieu Philippine,  Rozier, 1962)

du groupe des Cahiers du cinéma de l’époque toi tu l’as certainement eue plus tard que les autres

et tu l’as théorisée plus que les autres et plus tard

ça a peut-être mis plus de temps à passer à maturation

   

5’48

Séquence de la recherche d’Anna dans L’Avventura (Antonioni, 1960) en alternance et clignotement avec JLG et son bonnet rouge dans King Lear (JLG, 1987)

et peut-être que tu es le plus fondamentalement historien du lot

mais ça c’est autre chose

(je pense que) ça ne s’est pas produit avant

pour des raisons de guerre, de manque de… d’occasions

de voir des films ou de l’état de la critique

(je ne sais pas) et puis ça ne

   

6’06

Entretien

s’est plus vraiment produit après

pour une raison toute bête

c’est qu’il y a eu tout d’un coup beaucoup trop de films

à voir ou à rattraper

   

6’13

Lemmy Caution, une voiture qu’on pousse et Don Quichotte à cheval dans Allemagne année 90 neuf  zéro (JLG, 1991) en alternance, clignotement, surimpression avec un homme (Cary Grant) au-dessus du vide et la foule en bas, La Main au collet (Hitchcock, 1955) (l’association des plans donne l’impression que le bras dans le plan de Hitchcock devient celui de l’homme dans le plan de JLG et, le clignotement lui donne un mouvement, celui d’attraper quelque chose justement)

de cette sorte d’héritage devenu monstrueux  qui était l’histoire du cinéma

puisque à partir des années soixante

on a vu non pas seulement des films

des quatre ou cinq grands pays producteurs mais on a vu des films du monde entier

[JLG tousse]

   

6’24

Entretien

[Daney :] aujourd’hui c’est clair que pour quelqu’un

qui a vingt, vingt-cinq ans

il n’est pas possible sous peine de passer (pas quelques années mais) dix ans, quinze ans dans les cinémathèques

que non seulement il rattrape ce qu’il n’ a pas vu

Hermann id.

 

6’35

Entretien

mais qu’il ait en plus un axe

autour de quoi se constituer soi-même son histoire

[répétition par écho]

de savoir qu’il vient après, après vous aussi

et qu’il faut qu’il se détermine par rapport à ça

et donc quelque chose qui apparaissait simplement

une anecdote brillante de l’histoire du cinéma français

avec beaucoup de polémique et beaucoup de panache

apparaît maintenant

avec le recul, trente ans plus tard

 

  le

contrôle

  de

l’univers

7’01

Les yeux de la femme qui s’est enterrée dans Théorème (Pasolini, 1968)

(d’abord) comme la seule occasion de faire de l’histoire

elle vous a été donnée à vous

   

7’09

Le panneau de Tabou dans un paysage (Murnau/Flaherty, 1931)

et peut-être à des gens de la demi-génération juste après

je dirais que ça va jusqu’à Wenders

[JLG sur les derniers mots de Daney :]

oui, je crois que c’est ça

   

7’15

Tête de mort avec haut-de-forme et lunettes noires tenant un masque à la main, Que Viva Mexico (Eisenstein, 1931-1979), lent fondu enchaîné une femme noire squelettique tenant un corps ficelé dans un drap blanc

la seule façon de faire de l’histoire

(enfin moi je revendiquerais ça si tu veux )

ce n’est pas parce qu’il y avait trop de films

il y en a très peu et de moins en moins

(et ça toujours au bout d’un moment…)

   

7’32

Entretien

l’historien des lettres dit :

   

7’33

Au premier plan une page et une main tenant une loupe, au second plan, un détail du Massacre des innocents (Poussin, 1630-31) qui isole d’abord le bourreau et la mère qui crie,  fondu enchaîné : James Joyce autre détail du tableau dans sa partie droite et à gauche sur photographie de JLG de profil puis clignotement retour au premier détail du Massacre avec les fesses de Bardot et Gabin dans la scène célèbre de En cas de malheur, Autant-Lara, 1958

(bon…)

il y a eu Homère, Cervantès, Joyce

(rires, et puis même Flaubert et Faulkner)

 

c’est moi

7’47

Entretien

une fois que tu as dit ces trois-là

ils incluent Faulkner et Flaubert (mettons si tu veux)

   

7’57

McTeague assassin, Les Rapaces (Stroheim, 1923)

donc il y a eu très peu

je dirais dix films

   

8’00

Entretien

on a dix doigts

il y a dix films (la seule heu…)

[répétition par écho]

le cinéma (enfin)

à mon idée

ou mon désir

et mon inconscient

qui maintenant peut être exprimé consciemment

c’est que c’était la seule façon

de faire, de raconter, de se rendre compte

moi, que j’ai une histoire en tant que moi

 

les

signes

parmi

 nous

8’26

Effondrement du pont dans Le Mécano de la « General » (Keaton, 1926)

[même effet :]

mais que s’il n’y avait pas le cinéma

je ne saurais pas que j’ai une histoire

   

8’31

Fondu enchaîné : un horrible personnage au-dessus d’un homme à terre, La Volonté du mort (The Cat and the Canary, Paul Léni, 1927), fondu enchaîné photographie en couleur des cadavres d’un couple africain avec  son enfant, tous ensanglantés, à moitié sous une couverture, la main de l’homme comme tendrement sur la tête de la femme, fondu enchaîné plan d’avions de guerre dont l’un s’écrase

[même effet :]

c’était la seule manière

et qu’il fallait

moi, je lui devais ça

si tu veux

comme un calviniste ou luthérien

qui a ce côté toujours coupable ou maudit

comme disait Marguerite

elle disait

que j’étais maudit

(et j’ai pas… ça m’a inquiété… mais qui était)

la seule façon

si on peut jamais raconter une histoire

ou faire de l’histoire

et ça ne s’est jamais fait (du reste)

Bruits secs de guerre (sur les plans de cadavres puis d’avions) : en fait, les percussions de la musique du film Hamlet de Kozintsev, opus 116 de Chostakovitch (1962-1964).

 

8’42

Noir / Entretien

il n’y a pas eu d’histoire

histoire de l’art

un tout petit peu

mais alors brusquement que du visuel

le cinéma était en partie visuel

Id. percussions et quelques bribes

orchestrales

histoires

              (s)

du

cinéma

[sur noir]

9’16

Femme en blanc avec très belle lumière, Hendrickje se baignant dans une rivière (Rembrandt, 1654)

il y a effectivement des bouts d’histoire de la peinture

qui ont été faits par (ça j’y reviens) des français

pas par des autres

Id.

 

9’26

Fondu enchaîné femme aux bras levés et aux seins nus (id. dans 1b, 24’53) : La femme dans les vagues, (Courbet, 1868)

(pas qu’il n’y ait pas eu d’autres historiens de l’art, des gens qui…)

 

tes seins sont

les seuls obus

que j’aime

9’31

Visage de femme, détail de Judith I (Klimt, 1901)

Diderot, Baudelaire, Malraux

(et moi) je mets tout de suite après Truffaut

il y a (je trouve) une ligne directe là-dedans

Bruit du déclencheur d’un appareil photo

 

9’44

Très lent fondu enchaîné sur une très belle photographie de Truffaut avec un appareil photo

Baudelaire parlant de Edgar Poe

[répétition par écho]

est pareil que Malraux

parlant de Faulkner

   

9’53

Noir / Entretien

[même effet :]

est pareil que Truffaut

parlant d’Edgar Ulmer

ou de Hawks (et qui est typiquement français) [sans écho ;]

 il n’y a que les français

qui ont fait de l’histoire

[Daney :] (c’est intéressant parce que) le point commun de tous les gens que tu cites

c’est que… ils se sont sus dans une histoire

 

chapitre

2 A

10’14

Entretien

[JLG :] ils se sont doutés

qu’ils étaient dans une histoire

[Daney :] (oui tout de suite) ils ont voulu savoir quelle histoire c’était

la leur dans la grande

la grande dans la leur

ils ont également décidé

de ne pas hériter passivement

de l’héritage culturel de leur art

mais de se trouver leurs propres précurseurs

[JLG ; répétition par écho:]

pour moi, la grande histoire

c’est l’histoire du cinéma

elle est plus grande que les autres

 

[par intermittence :]

seul

le

cinéma

[superposés]

10’43

Photographie du tournage de La Bête humaine : Gabin saute devant un écran, clignotement avec photographie de tournage d’un film de S. Donen puis clignotement une femme qui semble projetée en avant autant par les hommes qui se trouvent derrière elle que par un souffle très fort (plan de plus en plus rapide et plus gros plan), Bye Bye Birdie (George Sidney, 1963) et cartoon avec Dingo transformé en boulet de canon puis clignotement id. Sidney et comme dans une séance d’hypnose une femme tout en blanc qui se dirige vers un écran puis recule et s’effondre en arrière au ralenti, retenue par un homme, Le Mystère des roches de Kador (Léonce Perret, 1912) / noir

[effet id. très marqué]

parce qu’elle se projette

plus grande que les autres

parce qu’elle se projette

« Boum » du canon de Dingo

sur le dernier plan (à partir du ralenti) : Chostakovitch id., effondrement très souligné par le mouvement « Le fantôme »

de la musique du film Hamlet id.

seul

le

         [superposés]

cinéma

[sur dernier plan]

11’17

 Clignotement un plan très bref (à peine perceptible) sur des hommes au ralenti (dansent-ils ?) en costumes folkloriques russes puis un plan très bref d’une main (prise également en forte contre-plongée) dans un trou à la lumière blanche fluorescente et clignotement de lumière (du sombre au clair), surimpression JLG machine à écrire

 

musique du film Hamlet id.

 

11’18

JLG : mains et machine à écrire en surimpression avec un officier avec sa longue-vue et des soldats, Austerlitz (Gance, 1960), et une tour du Kremlin

[JLG :]

Dans une prison de Moscou

Jean Victor Poncelet

officier de génie de l’armée de Napoléon

reconstruit sans l’aide d’aucune note

les connaissances géométriques

qu’il avait apprises dans les cours de Monge

et de Carnot

le traité des propriétés projectives des figures

[ JLG en deuxième voix, décalée, dit doucement :]

La Règle du jeu

publié en dix-huit cent vingt-deux

érige en méthode générale

le principe de projection

utilisé par Desargues

pour étendre les propriétés du cercle

aux coniques

et mis en œuvre par Pascal

dans sa démonstration sur l’hexagramme  mystique »

[Amy Dahan-Dalmédico et Jeanne Peiffer, Une histoire des mathématiques, 1986]

il a donc fallu un prisonnier français

qui tourne en rond en face d’un mur russe

pour que l’application mécanique

de l’idée et de l’envie de projeter

des figures sur un écran

prenne pratiquement son envol

avec l’invention de la projection cinématographique

fin de la musique du film Hamlet id.

Machine à écrire

 à 11’55 (« envol ») début du Quatuor à cordes dit « 1905 » de Webern

 

12’05

Noir / un homme règle un projecteur / Plan rapide sur Julie Delpy en train de lire, fondu enchaîné : le tableau de Turner

[Julie Delpy :]

pour l’enfant

amoureux de cartes

Webern id. + moteur de projection et machine à écrire

envoi

[sur noir] /

envoi

1

[sur le plan]

12’35

Bateau au crépuscule, Paix – Funérailles en mer (Turner, 1842)

et d’estampes

Id. Webern + froissement des pages

 

12’44

Lent fondu enchaîné personnages dans l’herbe, Etude pour une baignade à Asnières (Seurat, 1883-1884) lent fondu enchaîné Delpy

l’univers est égal

à son vaste appétit

ah, que le monde est grand

à la clarté des lampes

   

13’04

Noir / les enfants courent, filmés de l’autre côté de la rive, surimpression et clignotement Delpy puis zoom arrière sur elle, le champ s’élargit, John met Pearl dans la barque, contrechamp sur Mitchum, ils partent, la nuit, les roseaux, les animaux, ils s’endorment, la barque vogue sur l’eau (avec surimpression très gros plan Delpy) La Nuit du chasseur (Laughton, 1955)

aux yeux du souvenir

que le monde est petit

un matin, nous partons

(un matin décalé)

le cerveau plein de flamme

le cœur gros de rancune

et de désirs amers

[prononcé une seconde fois désir/amer]

et nous allons

suivant le rythme de la mer

berçant notre infini

sur le fini des mers

Id. + bruits d’animaux (dans La Nuit du chasseur  mais sans le cri du pasteur)

puis silence

 

14’49

noir / La Nuit du chasseur id., les enfant le matin côte à côte dans la barque clignotement et surimpression Delpy

 

Animaux et fin noir 2

Rupture brutale avec les premières mesures de la Joyeuse marche (Chabrier, 1888)

la

nuit

du

chasseur

[caractères bleus superposés] [sur noir 1]

seul

le [superposés]

cinéma

[rouge sur noir 2]

14’58

Plan fixe : une danse ou une chute de femme (Carole Lombard semble voler, rattrapée par Fred MacMurray) Jeux de mains (Mitchell Leisen, 1935)

les uns

joyeux de fuir une patrie infâme

Joyeuse marche id.

 

15’05

Lent fondu enchaîné femme et enfant endormis, Les trois âges de la femme, détail pivoté à 90° (Klimt, 1905) fondu enchaîné des mouvements d’une eau rouge en très gros plan au ralenti et une main qui en sort encore au ralenti / noir

d’autres l’horreur de leurs berceaux

[sur les remous d’eau rouge]

[sur les remous d’eau rouge :]

Mourned by the Wind, Liturgie pour alto et orchestre, Kancheli, 1996

[Introduction de Addije, addije amore, chant italien recueilli par Giovanna Marini et M. T. Bulciolu, 1965 :]

 

15’28

Gros plan sur le visage d’une statue de madone romane (XIIe siècle)

et quelques uns

astrologues

« Casche la liva …

 

15’29

Fondu enchaîné visage deFred Astaire, Tous en scène (Minnelli, 1953) et clignotement avec levisage d’une  statue de madone romane id., à la fin arrêt sur ce visage et silence

noyés dans les yeux d’une femme

e casche la ginestre,

puis silence

 

15’42

 Clignotement : visage de la statue et mouvement ascendant de Cyd Charisse (la tête à l’envers) à Fred Astaire (dans un mouvement de danse) dans Minnelli id.

la Circé tyrannique aux dangereux parfums

casche la liva e li frunne ginestre

Addije, addije

 

15’59

Noir / Maríe Madeleine (Jose Ribera, 1640-1941) à la belle robe pourpre en surimpression avec eau (La Nuit du chasseur) et autre statue romane du Christ puis avec au ralenti la femme jetée à l’eau puis sautant (encore au ralenti) les seins nus, fondu enchaîné autre statue id.

pour n’être pas changés en bêtes

ils s’enivrent d’espace et de lumière

et de cieux embrasés

                                amore

casch’e se coje. »

puis bruit de projecteur

tout

seul

16’17

Noir / projectionniste et projecteur dans le noir / Delpy debout et autre lumière (en surimpression, on ne peut encore vraiment apercevoir l’animal  sous la neige) sous la neige

la glace qui les mord

[elle répète « la glace » plusieurs fois et le reste est dit off]

bruit de projecteur

le

voyage

16’39

Fondu enchaîné très lent sur un détail pivoté à 90° du Baiser (Klimt, 1907-1908) lent fondu enchaîné : l’œil d’un animal sous la neige  (A travers les rapides/Johan, Stiller, 1920)/ Delpy au ralenti s’essuyant les lèvres en prononçant « la marque des baisers »

les soleils qui les cuivrent

[id. répétition pour « soleil »] effacent lentement

la marque des baisers

Id.
Kancheli Attaque au piano,
résonance
 

17’18

Photographie de James Dean (à Times Square) marchant les mains dans les poches, la cigarette à la bouche

singulière fortune

où le but se déplace

[murmure]

résonance et silence

 

17’25

Très lent fondu enchaîné sur un homme qui court et crie (fort ralenti), La Terre (Dovjenko, 1930) / noir

et, n’étant nulle part

pour être n’importe où

où l’homme

dont jamais l’espérance n’est lasse

pour trouver le repos

court toujours comme un fou [chuchoté]

Id. piano (forte)

 

18’04

Paysage avec barque, L’île des morts (Arnold Böcklin, 1880) fondu enchaîné Delpy marchant vers la cuisine

nous voulons voyager

sans vapeur et sans voile

Id.

 

18’17

Lent fondu enchaîné femme dans appartement regardant en l’air, Stella Dallas (Vidor, 1937) lent fondu enchaîné un homme assis dans une prison, Les Démons de la liberté (Dassin, 1947) (la femme est à gauche et l’homme à droite, c’est comme s’ils étaient en face l’un de l’autre le temps du fondu enchaîné)

faites pour égayer

l’ennui de nos prisons

passer sur nos esprits

tendus comme une toile

Le Clavier bien tempéré (vol 1, n° 1 en ut majeur, BWV 846, Bach, 1722)

 

18’30

Delpy dans la cuisine qui cri et boit son verre d’eau/

vos souvenirs

avec leur cadre d’horizon

[presque crié] dites, qu’avez-vous vu

Id.

it’s

      all

true

[Welles, 1942, inachevé, un épisode de 50’ présenté en 1993] [à la fin et sur noir]

18’40

Photographie de Welles âgé au bord de la mer, lent fondu enchaîné très gros plan de la bouche de Julie Delpy, insert clignotement des corps morts sur la route (couleur)

[chuchoté]

nous avons vu des astres et des flots

nous avons vu des sables aussi

et malgré bien des chocs

Piano (forte) id.

it’s

      all

true

18’56

Clignotement par un volet : photographie de Rivette assis / clignotement du détail d’un  tableau de de Staël jaune/bleu/mer/ et plan plus rapide surimpression photographie de Rivette assis devant la mer

et d’imprévus désastres

nous nous sommes souvent ennuyés

comme ici

[chuchoté]

la gloire du soleil sur la mer violette

la gloire des cités dans le soleil couchant

allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète

de plonger dans un ciel au reflet [chuchoté]

Après le silence :Bach, Le Clavier bien tempéré id.

 

19’12

 Clignotement photographie de Rivette plan rapide et un homme de dos avec cape rouge, détail de L’Amiral Viaud (Lautrec, 1900-01)

alléchant

Id.

 

19’20

Noir / Femme dans salon, Ludwig (Visconti, 1972) en alternance/clignotement/iris avec tableau (de Staël) puis plan des mains de la femme (Visconti id.) / noir / femme salon, Visconti id. /Photographie de Rivette devant la mer id. / noir /

les plus riches cités

les plus grands paysages

jamais ne contenaient

l’attrait mystérieux

de ceux que le hasard fait avec les nuages

Id.

que

faire

[en rouge sur noir 1] /

faire

simple

[vert sur noir 2]

19’33

Clignotement/iris très rapide entre une femme avec la main sur le visage, Le procès de Jeanne d’Arc (Bresson, 1961) et photographie de Rivette assis devant le mer (Jeanne dans le rapprochement se substitue à Rivette et semble être dans la mer) arrêt sur Jeanne / noir

et toujours

Id.

pour

  quoi /

faire

    simple /

quand

on

peut

[superposés]

19’39

Delpy à la fenêtre en peignoir, plan rapproché / noir

le désir nous rendait soucieux

Id.

+ piano (attaque sur « désir »)

pour

quoi /

faire

simple /

quand

on

peut

[superposés] /

faire

compli

qué

[superposés] [jaune sur noir]

19’47

Photographie de Samuel Fuller avec caméra et revolver en main sur un tournage (en 1953 ou 1963)

nous avons salué

des idoles à trompe

à nouveau Bach

 

19’54

Photographie de Chaplin avec une caméra / noir

des trônes constellés

de joyaux lumineux

Id.

 

20’01

Photographie d’Ozu avec une caméra / noir

des palais ouvragés

dont la féerique pompe

Id.

 

20’08

Photographie de Kazan avec une caméra derrière lui

serait pour vos banquiers un rêve ruineux

des costumes

Id.

 

20’15

Photographie de Laurel et Hardy avec une caméra / noir

qui sont pour les yeux une ivresse

des femmes

dont les dents

Id.

 

20’22

Photographie de Cocteau sur tournage / noir

et les ongles sont teints

et des jongleurs savants

Id.

 

20’29

Photographie de Franju avec colombe

que le serpent caresse

Id. + sifflement (de serpent)

 

20’37

Noir / plan de Blanche-Neige, Hand (1938) / noir Blanche-Neige id. fondu enchaîné : le poète regardant sa main et tournant en rond puis devant la statue, Le Sang d’un poète (Cocteau, 1930)

[répétition par écho

et puis et puis encore

[Baudelaire, Les Fleurs du mal , « Le voyage », 1857, avec les modifications de JLG dans le « livre bleu »]

[Entretien, JLG :] Il y a une projection

donc (bêtement)

Id. Bach

beauté

fatale

[vert sur noir et en rouge sur plan]

20’46

Entretien Daney id. [on voit l’écran de télé en entier et il il s’y joue un match de foot) toujours en surimpression avec Cocteau id.

je dis

c’est la grande histoire

[Daney : Hmm, hmm approbateur]

parce qu’elle peut se projeter

les autres histoires

   

20’50

Surimpression Cocteau et Blanche-Neige et insert photographie d’enfant dans Le Monde d’Apu (S. Ray, 1959) et entretien

ne peuvent que se réduire

(celle-là peut se projeter donc mon but [rires]…)

ce petit poème de Brecht qui disait

Hermann pour Psycho (1960), Prélude

fatale

beauté

[en rouge sur Blanche-Neige]

21’03

Surimpression : à droite la main que le poète colle sur la bouche de la statue, Cocteau id. et à gauche Keaton dans Ma vache et moi (Go West, Keaton, 1925) puis alternance entre Keaton et une femme en blanc dans Parade de printemps (Walters, 1948)

j’examine avec soin (j’examine avec soin) mon plan

il est irréalisable

   

21’11

Visage de l’enfant du Monde d’Apu id. au-dessus de celui d’un homme qui doit le porter sur les épaules en surimpression avec entretien id.

(il est irréalisable pourquoi) parce que la télé (qui) réduit

Silence puis Hermann id.

 

21’15

Petite fille qui caresse l’âne, Au hasard Balthazar (Bresson, 1964) et fondu enchaîné : Blanche-Neige puis fondu enchaîné Le Monde d’Apu id. puis alternance Bresson id.

(qui projette) qui vous projette, vous

mais on perd connaissance

parce qu’elle projette le spectateur

alors que le spectateur de cinéma

Id.

 

21’27

Surimpression à l’arrière-plan femme nue sur laquelle un homme se jette, Salo (Pasolini, 1975) ou entretien avec Daney, Blanche-Neige puis l’enfant du Monde d’Apu puis à droite femme à contre-jour (teintes rouges), à gauche, John Wayne (teintes vertes)/ noir

était attiré

le spectateur de télévision est rejeté

mais on peut faire un souvenir

de cette histoire

un souvenir

Hermann id. + bruits d’eau (le bain de J. Delpy)

beauté

fatale

[sur Blanche-Neige] /

le

monde

perdu

[sur Salo] [A. Conan Doyle, 1912 ; Hoyt et O’Brien, 1925]

21’39

Surimpression femme Hollywood, Parade du printemps id. et l’enfant du Monde d’Apu id.

mais c’est (disons) la grande histoire

[J. Delpy :] « et puis et puis encore »

Id.

le

monde

d’Apu

[vert sur plan]

21’44

Surimpression L’Origine du monde (Courbet, 1866) et l’enfant du Monde d’Apu id. (l’enfant – ainsi que que l’homme qui le porte – sort du sexe de la femme)

   

l’origine

du

monde

21’46

Delpy avec iris / dans sa baignoire avec un livre posé sur le rebord / Courbet id. / S.Ray id. / noir fondu enchaîné Blanche-Neige id. et Bresson id. / Delpy baignoire id. /Bresson id.

[A partir d’ici, on n’entend que des bribes de la suite de la discussion entre Daney et Godard. Daney :]

si on prend l’histoire du cinéma  qui est beaucoup plus longue qu’avant, par la force des choses, puisqu’il y a beaucoup de films qui ont été tournés entre le moment où vous avez commencé et maintenant…

[J.Delpy suite :]

et puis encore

ô cerveau enfantin

pour ne pas oublier

la chose capitale

nous avons vu partout

et sans l’avoir cherché

du haut jusqu’en bas –

   
 

Noir / surimpression à gauche un loup de cartoon et une pin up en maillot qui tient une bobine de pellicule sur les fesses/ noir

[JLG :] je dirais grosso modo plutôt moins de films. On tourne moins de films aujourd’hui, entendons-nous … qu’on en tournait au temps de Mac Sennett

musique de burlesque

seul

le [superposés] cinéma /

mac

c’est

net

[jaune sur noir]

22’10

Femme dans décor antique et homme année 50 qui la regarde, Salome vs. Shenandoah (Erle  C. Kenton, 1919)/surimpression : à gauche photographie de Judy Garland, à droite, Le Petit chaperon rouge (Tex Avery, 1943) puis dans l’autre sens, à gauche le loup et à droite photographie de femme blonde (du style de Jean Harlow) puis à gauche un homme aux yeux fermés et mains de femme qui lui tient le visage (Un amour désespéré, Wyler, 1952) avec bateau à l’arrière plan, à droite id. pin-up de cartoon [elle tend les bras, son mouvement se mélange avec celui du plan) puis à gauche , Groucho Marx, Monnaie de signe (Mc Leod, 1931) et noir à droite (on devine un corps de femme)/ noir

Id. bribes de l’entretien

Id.

Mac

c’est

net

[jaune] /

tout

seul

[bas droite sur noir]

22’21

À droite film pornographique des années trente, gros plan sur une pénétration et à gauche prisonniers d’un camp, alternance Delpy lisant dans la baignoire / noir / noir / Dessin femme/ Delpy baignoire/ femme dessin/ noir

Id. entretien

+ [Delpy :]

de l’échelle fatale

le spectacle ennuyeux

de l’immortel péché

Piano (forte x2 ) + eau baignoire

le

monde

perdu

[bleu sur noir] /

le

temps

perdu

[sur noir 2 et dessin] /

le

temps

trouvé

[sur dessin 2 et noir 3]

22’44

Homme (L. Olivier) et une femme dans l’obscurité comme le couple au projecteur

 

Dino Saluzzi (bandonéon), Andina,Transmutation 1988

le

cinéma

[bleu]

22’53

Photographie (de W. Vandivert ) : un enfant qui marche sur une route avec des centaines de corps morts sur le bas côté/iris au centre Delpy en chemise de nuit dans salon

amer savoir

celui qu’on tire du voyage

le monde

Id.

 

23’4

Photographie d’un enfant id. et iris au centre femme perchée sur un bâton (un film avec Eileen, Sedgwick, 1921) Noir

monotone et petit

aujourd’hui, hier, demain, toujours

Id.

 

23’11

Croquis de Goya/ noir

nous fait voir notre image

un oasis d’horreur

dans un désert d’ennui

Id.

tf 1 [se range avec les autres cycles prog]– cnn

zdf

bbc

rai

orf

23’20

Photographie d’un enfant id. et iris au centre femme perchée id. fondu enchaîné Delpy salon / noir / iris au centre femme perchée id. (mais on ne voit maintenant qu’elle sur une échelle très au-dessus d’une grande ville) et autour le salon de Delpy / noir

faut-il partir, rester

si tu peux rester, reste

pars, s’il le faut

Id.

 

23’42

Delpy dans la pénombre avec livre à la main fondu enchaîné bateaux dans un port / Delpy id. / noir

ô mort

vieux capitaine

il est temps

levons l’ancre

ce pays nous ennuie

Id.

 

23’48

Surimpression Delpy et voiture qui dérape sur la route

1961 The Absent-Minded Professor (R. Stevenson, 1961)

ô mort

appareillons

si le ciel et la mer

sont noirs comme de l’encre

nos cœurs que tu connais

sont remplis de rayons

[Baudelaire, id.)

Id.

eury

dice

24’09

fondu enchaîné : La Fée libellule en couleurs (Méliès 1908)/ noir

 

Id.

le

cinéma

[sur noir]

24’28

Volet flou et noir qui fait alterner l’homme sur une barque et la femme comme morte de l’autre côté de la barque, id. dans 1b La Fiancée de Glomdale (Dreyer, 1925)/ noir

à 24’40 : texte de Pavese dit en italien, De la nuée à la résistance [Straub/Huillet, 1978]

Id.

le

cinéma [volet] /

autor

ise

[superposés]

orphée /

[volet]

de se

     re

tourner /

[volet]

    sans

faire

mourir /

[volet]

eury

     dice

25’08

Photographie de Hawks lors du tournage de Sergent York  et iris clignotement au centre une femme sur une scène avec tête d’homme de dos au premier plan, Outrage (Ida Lupino, 1950)

Id. suite

Id.

production

gaumont

cnc

fémis

                          périphéria

25’21

Noir

Id. suite

Id.

aurea

prima sata

est aetas

25’25

Andreï Roublev, L’Archange saint Michel (vers 1410-1415) / noir

Id. suite

Id.

                    quae

    vindice

    nullo

25’29

Vampire (Edward Munch, 1893)/ dessin petit garçon et petite fille sur jeu de balancier

Id. suite

Id.

sponte sua

25’32

Noir

Id. suite

Id.

sine  lege

fidem

rectumque

colebat

[Ovide, Les Métamorphoses  Livre I, vv. 89-90 : en premier apparut l’âge d’or : / sans vengeur, / sans contrainte, / sans lois, il respectait la bonne foi et la droiture.]

25’43

Iris une femme devant la mer au centre (mouvement quasi amateur) à l’intérieur du plan : une vue sur les passagers d’un bateau touristique puis un homme puis une autre femme, un immeuble, un pont, des gens et la première jeune femme qui amarre, Talking to Strangers (Rob Tregenza, 1988)

Id. suite

Gémissements et halètements de Meredith Monk, Walking song (Volcano songs1993)

à

- suivre

[sur dernier plan]